Depuis déjà 6 semaines, nous vous proposons chaque Vendredi de revenir sur le portrait de l’un des lauréats de la 23ème édition des trophées « DSI de l’année ». Après le DSI Augmenté, la DSI Résiliente, le DSI Engagé, le DSI Transformateur et le DSI Communicant, il est grand temps de faire connaissance avec notre DSI Orchestrateur de l’année : Philippe Morère, DSI de Société Générale GBIS.

En mettant en place une organisation agile à très grande échelle, Philippe Morère a transformé son entité pour favoriser un modèle de co-construction de l’IT avec les métiers sur un secteur très challengé.

Le jury a été particulièrement séduit par la sincérité du dossier de Philippe Morère et la pédagogie de son exposé sur le projet de transformation organisationnelle mené depuis 2017.

À date, la presque totalité des équipes IT de Société Générale GBIS fonctionne dans un nouveau mode d’organisation où priment l’agilité et l’alignement sur les besoins métiers. Ce qui peut paraître banal pour une équipe de quelques dizaines d’informaticiens l’est nettement moins pour une entité qui compte pas moins de 7  000 personnes ! Une complexité saisie par le jury, dont certains membres pilotent des départements IT de taille respectable. Car certes SG GBIS dispose de moyens colossaux – et 27 M€ auront été investis dans cette transformation étalée sur quatre ans –, mais il s’agissait de faire bouger l’équivalent d’une entreprise dont les deux plus gros pôles se trouvent en France et en Inde.

DSI de l'année : DSI Orchestrateur Philippe MorèreRetour en arrière. En 2017, alors que se termine le programme Continuous Delivery amorcé trois ans auparavant, Philippe Morère explore de nouvelles pistes pour accroître l’efficacité de ses équipes dans un contexte de pression sur les coûts. Il envisage ainsi de rapprocher les développeurs des fonctions support de production, car il considère leur séparation comme un frein aux pratiques DevOps et souhaiterait que les équipes se sentent davantage engagées sur la qualité de ce qu’elles livrent en production. Par ailleurs, l’alignement avec les métiers doit également être revu : l’organisation d’alors est fondamentalement applicative, tandis que les métiers sont organisés par chaînes de valeur.

Une expérimentation d’agilité à l’échelle réussie sur deux départements, d’environ 100 personnes chacun, le persuade quant à la transformation à opérer. Pour autant, les défis s’annoncent nombreux, qu’il s’agisse de l’éclatement des équipes au niveau mondial, de l’adhésion des métiers, de la constitution du dispositif de coaching, des moyens financiers nécessaires, ou encore des répercussions sur les ressources humaines.
Sur ce dernier point, il s’agit d’une part d’organiser une montée en compétences massive, technique ou fonctionnelle selon les profils, pour obtenir des feature teams pluridisciplinaires. D’autre part, la réduction d’une strate du management et son « horizontalisation » impliquent un repositionnement des managers sur des rôles différents, plus opérationnels, et plus à la tête de communautés de pratiques que d’équipes à gérer.

Quelques mois et ajustements plus tard, les résultats sont là : le time to market d’un nouveau besoin métier s’est réduit à deux semaines pour 68 % du parc de 1  500 applications ; régulièrement monitorée, la satisfaction du métier et des collaborateurs IT est supérieure à 90 % ; la réutilisation des services et API entre domaines fonctionnels dépasse 50 % ; et le métier s’est fortement mobilisé, avec plus de 500 product owners.

Philippe Morère a donc réussi à se rapprocher du modèle des « tech companies » (avec 60 % de développeurs « software engineers » contre 46 % il y a trois ans), comme du principe « you build it, you run it » des start-up. Et il peut se satisfaire de la fusion des métiers et de l’IT pour la définition des budgets et des objectifs stratégiques.

L’entreprise

Société Générale GBIS (Global Business & Investor Solutions) est l’activité banque de financement et d’investissement de Société Générale. Elle emploie plus de 20 000 collaborateurs sur les 133 000 du groupe et génère un tiers de ses revenus. Sa DSI compte 7 000 personnes et dispose d’un budget de fonctionnement d’environ 800 M€.

LA MINI BIO DE PHILIPPE MORERE

2019 : DSI global et COO adjoint, SG GBIS 
2016 : DSI global, SG GBIS 
2014 : DSI adjoint, SG GBIS
2001 : Divers rôles de management IT, SG
1993 : IT manager, JP Morgan Chase

FORMATION
Ingénieur (Centrale Paris)

 


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