Après un premier test chez Renault, EOS Innovation s’apprête à déployer son robot de surveillance e-Vigilante dans un entrepôt Casino. La start up espère lancer la fabrication d’une première série dès cette année, avant une commercialisation en 2014.

En 2010, David Lemaitre et Grégory Lebourdais créent EOS Innovation. L’ambition de cet ancien responsable de projets de CS Communication et Systèmes, titulaire d’un DEA en robotique et de son associé, un designer, est alors de créer un robot majordome, un petit robot dédié à l’aide à domicile. Ils décident de construire le prototype du E-One, mais, à l’issue d’une longue étude de marché, les créateurs d’EOS Innovation modifient leur cible : « Nous avons mené une étude très large sur huit mois, en cherchant à évaluer quels seraient les business models possibles, les clients potentiels et on est arrivé à la conclusion qu’il y avait une véritable opportunité à saisir dans le domaine de la sécurité, et plus particulièrement, sur la niche de la surveillance des entrepôts et des sites industriels. » Les créateurs d’entreprise ont ainsi identifié 150 prospects, des sites industriels où un robot pourrait faire des merveilles, notamment dans les entrepôts qui sont fermés aux vigiles humains et où l’installation de caméras de surveillance est très coûteuse.

L’idée de l’e-Vigilante est simple : le robot mène de manière autonome sa ronde dans l’entrepôt, et signale à un centre de sécurité toute anomalie qui va pouvoir lever le doute et, le cas échéant avertir la police d’une effraction. Cette application industrielle est plus simple pour un robot que la surveillance de bureau, par exemple, puisqu’il n’y a ni porte à ouvrir, ni escaliers à gravir. Il est donc possible de créer un robot plus trapu et moins complexe techniquement, donc plus rapidement commercialisable pour la start up, qui développe alors son projet sur fonds propres.

En janvier 2013, EOS Innovation reçoit un financement de 200 000 euros de la part du fonds d’investissement Scientipôle Capital, un coup de pouce bienvenu pour accélérer le développement de l’e-Vigilante : « Nous avons bénéficié du soutien d’Oseo, de prêts d’honneur. Mais la robotique peine à convaincre les investisseurs. Il est moins risqué pour eux de soutenir des projets dans le numérique, que des projets de robots, longs et complexes à mettre au point. Dans la plupart des cas, l’entreprise ne dégage pas de chiffre d’affaires pendant la période de développement du produit. Il est donc plus difficile de trouver des investisseurs. »

L’annonce du plan Montebourg de soutien à la filière robotique est donc tout particulièrement bien accueilli par la start up d’Orsay : « D’une part, il y a l’effet d’annonce. C’est très intéressant pour nous que l’on parle de notre secteur et que la robotique soit enfin perçue comme un marché d’avenir. En outre, la création d’un fonds sectoriel dédié à la robotique, qui parle la même langue que nous, est une excellente chose. Dans la robotique, comme dans tous les secteurs développant des produits, les aides et les financements sont le nerf de la guerre pour accélérer le développement de l’entreprise. »

Rendez-vous cet été dans les entrepôts du groupe Casino pour un test en vraie grandeur avant le lancement de la fabrication d’une première présérie.