On l’a prise pour une histoire de formats et de connecteurs. Mais la réforme française vise bien au-delà : il s’agit de rendre la facture traçable, opposable, routée dans un cadre commun. Et avant la promesse de productivité, elle met les entreprises face à un vrai chantier sur les données, les processus… et les plateformes agréées devant des enjeux de capacité industrielle.
On a longtemps réduit la facturation électronique à des questions d’outillage : deux formats, à savoir XML – UBL (Universal Business Language) ou CII (Cross Industry Invoice, standard UN / CEFACT) – plus un conteneur, Factur-X (un PDF lisible dans lequel est embarqué un XML) ; une connexion, une bascule, et rideau. La réforme à la française oblige à la regarder autrement. Elle ne « numérise » pas seulement la facture : elle tente de transformer un objet banal en fait économique contemporain, traçable, opposable, partagé dans une chaîne commune. La facture cesse d’être un document qui circule “à peu près” – par mail, PDF, scan, EDI plus ou moins étanche – et devient une donnée dont on peut dire, sans ambiguïté : elle a été reçue, voici par qui, quand, et selon quel statut. Une réforme qui n’arrive pas en terrain vierge Stéphane Eustache, directeur du programme de facturation électronique inter-entreprises à l’AIFE, parle d’héritage, de prolongement, de continuité : « Nous ne partons pas d’une feuille blanche. Il y a un terreau favorable : Chorus Pro, des pratiques installées, et un besoin évident d’aller ...
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