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10 annonces à retenir de Dell Technologies World 2026 : comment Dell veut industrialiser l’IA d’entreprise…

Par Laurent Delattre, publié le 21 mai 2026

À Dell Technologies World 2026, l’IA d’entreprise a quitté les démos pour entrer dans l’usine. Agents autonomes, racks GPU, cloud privé dopé à l’IAops, stockage et automatisation IT dessinent la nouvelle obsession de Dell : industrialiser l’IA agentique au plus près des données et des datacenters.

Dell Technologies World 2026, organisé à Las Vegas cette semaine, n’avait rien d’un salon produit. L’événement a surtout pris la forme d’une démonstration de force autour de l’IA d’entreprise, avec deux figures centrales sur scène : Michael Dell et Jensen Huang. Pour autant le message poussé n’avait rien d’original : après deux ans de fascination pour l’IA générative, le marché bascule vers une IA plus utile, plus opérationnelle, plus intégrée aux workflows et surtout plus consommatrice d’infrastructure. Le même message que celui poussé par IBM à Think 2026, Google à Cloud Next 2026, Microsoft à Ignite 2025, AWS à Re:Invent 2025 ou encore Red Hat à son Summit 2026.

Si les DSI n’ont pas encore compris que des agents autonomes qui « planifient, raisonnent, exécutent, s’adaptent et bouclent la boucle » ont besoin d’une nouvelle infrastructure et d’une orchestration adaptée, c’est qu’ils se sont reclus sur une île déserte sans connexion. Invité à toutes les fêtes IT, l’incontournable Jensen Huang, CEO de Nvidia, a rappelé le changement d’échelle : l’IA agentique ne répond plus simplement à une requête, elle travaille longtemps, itère, utilise des outils, relance des plans et consomme de 100 à 1 000 fois plus de calcul selon les tâches.

« Il est temps de repenser et de réimaginer complètement les workflows de votre entreprise pour l’automatisation par IA agentique et l’auto-amélioration récursive… Les entreprises qui redessinent leur travail autour de l’IA vont accumuler des avantages plus vite qu’à n’importe quel moment de l’histoire… Le boom de la productivité commence et, dans certaines entreprises, dont la nôtre, il a déjà commencé » insiste Michael Dell avant d’alerter les DSI : « Les courbes de coûts, les besoins de calcul et les modèles de déplacement des données sont tous en train d’être réécrits. »

Dell Technologies World 2026 n’a pas seulement parlé d’IA mais s’est plutôt focalisée sur ce que l’IA va imposer aux datacenters, aux données, aux coûts et à l’exploitation IT. Avec à la clé, de nouvelles offres Dell Technologies, des PC aux datacenters en passant par les serveurs, équipements réseau et stockages, calibrés pour cette nouvelle ère agentique.

1. Deskside Agentic AI : l’agent IA quitte le cloud exclusif

Jusqu’ici, les agents IA d’entreprise étaient largement pensés comme des services consommés dans le cloud, connectés à des API de grands modèles. Cette approche accélère les premiers tests, mais elle montre vite ses limites : coûts variables, exposition des données, dépendance aux fournisseurs de modèles et difficulté à rapprocher l’agent des environnements métiers.

Avec Dell Deskside Agentic AI, Dell propose de ramener une partie de cette exécution sur des stations de travail locales en s’appuyant sur des technologies bien connues : NVIDIA NemoClaw (la version pré-packagée et sécurisée d’OpenClaw repensée par Nvidia), OpenShell (runtime open source de sécurité et d’exécution pour agents IA autonomes de Nvidia) et AI-Q 2.0 (le blueprint multi-agents bâti sur NVIDIA NeMo Agent Toolkit pour construire des agents de recherche et d’aide à la décision gouvernables et qui combine un routeur d’intention, plusieurs agents spécialisés, une orchestration LangGraph, une couche RAG/connecteurs, des modèles configurables, des workflows YAML, des outils d’évaluation).

L’objectif est de permettre aux équipes IA mais aussi métier de développer, tester et faire fonctionner des agents autonomes près des données, dans des environnements sécurisés, notamment pour l’ingénierie logicielle, la recherche ou les secteurs régulés. Dell présente cette approche comme un moyen de convertir des coûts cloud imprévisibles en investissement d’infrastructure maîtrisé, avec un seuil de rentabilité possible face aux API cloud en trois mois dans certains scénarios.

 « Les agents ne se greffent pas simplement sur les anciens systèmes. Ce sont des travailleurs numériques, avec mémoire, identifiants, accès et capacité d’action. » C’est précisément ce qui justifie pour Michael Dell une architecture locale ou hybride : un agent qui agit vraiment doit être gouverné comme une nouvelle entité opérationnelle, pas traité comme un simple chatbot amélioré.

2. Dell AI Factory with NVIDIA : cap sur la chaîne de production

Jusqu’ici, Dell AI Factory with NVIDIA servait déjà de socle validé pour accélérer les projets IA. Mais le problème des entreprises n’est plus seulement de lancer un modèle. Il est de relier calcul, stockage, données, gouvernance, sécurité, services et exploitation dans une chaîne cohérente.

Dell étend donc son AI Factory with NVIDIA pour en faire une plateforme de production de l’IA agentique. Dell indique que plus de 5 000 clients déploient déjà des workloads IA sur ses plateformes, et positionne cette nouvelle vague d’annonces comme une réponse à un problème d’exécution plus qu’à un problème d’ambition.

Michael Dell formule l’enjeu de façon très directe : « L’IA ne change pas seulement la technologie, elle change l’économie de la technologie en faveur de l’infrastructure d’entreprise. » C’est tout le pari de Dell : faire de l’infrastructure contrôlée un avantage économique face à l’explosion des usages, des tokens et des traitements agentiques.

3. Dell AI Data Platform : sans données prêtes, pas d’IA utile

Jusqu’ici, beaucoup de projets IA se sont concentrés sur les modèles. Mais, en entreprise, la difficulté la plus structurante reste souvent la donnée : dispersée, non structurée, mal indexée, difficile à qualifier ou à exposer proprement aux agents.

Dell renforce donc Dell AI Data Platform with NVIDIA avec des capacités d’orchestration, de préparation des données, de recherche et d’indexation vectorielle de milliards de fichiers non structurés, et de support de AI-Q. La plateforme intègre aussi un moteur analytique accéléré par GPU, toujours basé sur Starburst, avec jusqu’à six fois plus de performance SQL sur NVIDIA Blackwell, ainsi qu’une intégration avec NVIDIA Omniverse pour les jumeaux numériques et les usages de physical AI.

Pour rappel, Dell AI Data Platform a été annoncé l’an dernier. C’est la couche data de la Dell AI Factory. Son rôle est de transformer des données d’entreprise dispersées (structurées, semi-structurées, non structurées, multimodales) en données exploitables par des modèles et des agents IA. Elle combine stockage Dell, Data Lakehouse Starburst, moteurs de recherche/indexation, accélération NVIDIA et gouvernance pour éviter que les projets IA ne restent bloqués par des données trop silotées, trop lentes ou insuffisamment qualifiées.

Une façon de rappeler que l’IA agentique n’est pas seulement une affaire de modèles plus intelligents, mais de données exploitables, gouvernées et proches du calcul. « Les systèmes agentiques itèrent jusqu’à ce qu’ils puissent accomplir le travail avec différents outils. Mais pour utiliser ces outils, encore faut-il qu’ils trouvent les bonnes données et puissent agir dessus en confiance » déchiffre Jensen Huang.

4. PowerRack : le rack IA devient un système industriel

Jusqu’ici, les infrastructures IA ont souvent été assemblées par composants : serveurs GPU, réseau, stockage, alimentation, refroidissement, supervision. Cette logique reste flexible, mais elle devient complexe dès que les densités électriques, thermiques et réseau augmentent.
« Avec l’IA agentique, la quantité de calcul nécessaire a augmenté de 100 à 1 000 fois. Elle engendre un bond gigantesque dans les besoins de calcul » constate Jensen Huang.

Si un travail logiciel peut désormais tourner une semaine en autonomie pour accomplir ce qui demandait auparavant un mois à une équipe, l’infrastructure doit suivre. Dell ne veut donc plus vendre seulement des serveurs, mais une architecture physique prête à absorber cette nouvelle intensité informatique.

Avec Dell PowerRack, Dell ne se contente plus d’assembler des briques IA dans un rack : il transforme le rack lui-même en produit d’infrastructure intégré. Compute, réseau, stockage, alimentation, refroidissement liquide, câblage, gestion thermique et logiciel d’administration sont prévalidés en usine et pilotés comme un système unique via Dell Integrated Rack Controller et OpenManage Enterprise. L’objectif est de réduire les risques d’intégration, d’accélérer le déploiement et d’éviter que le réseau, le refroidissement ou le stockage deviennent les nouveaux goulets d’étranglement des charges IA et HPC. PowerRack for compute est disponible dès maintenant ; PowerRack for PowerSwitch networking est prévu en septembre 2026 ; PowerRack for Exascale Storage doit suivre au second semestre 2026. Dell promet ainsi de faire passer l’infrastructure IA d’une logique d’assemblage sur mesure à une logique de rack industrialisé, plus prévisible à déployer et à exploiter.

5. Exascale Storage avec PowerFlex : casser les silos de stockage

Dell veut aussi faire évoluer Dell Exascale Storage pour en faire une plateforme de stockage plus complète et mieux adaptée aux infrastructures IA de très grande taille. Jusqu’ici, les environnements IA, HPC ou analytiques reposaient souvent sur plusieurs silos de stockage spécialisés : du bloc pour les applications transactionnelles, du fichier pour les données partagées, du fichier parallèle pour les traitements massivement distribués, et de l’objet pour les data lakes ou l’archivage à grande échelle.

En ajoutant PowerFlex à Dell Exascale Storage, Dell cherche à regrouper ces différents modes d’accès dans une même architecture rack, capable de gérer à la fois le bloc, le fichier, le fichier parallèle et l’objet. L’enjeu est de simplifier l’alimentation des workloads IA et HPC, qui doivent déplacer, lire, indexer et traiter d’immenses volumes de données sans multiplier les couches techniques ni les ruptures de performance.
Pour Michael Dell, les agents ont besoin de « données fiables, d’actions gouvernées et d’une infrastructure assez proche pour prendre des décisions en temps réel ». Le stockage devient donc une pièce de l’architecture agentique, pas seulement une capacité de conservation. Dès lors, Dell ne pense plus le stockage comme une simple capacité attachée aux serveurs, mais comme une couche critique de l’AI Factory. Pour entraîner des modèles, alimenter des agents, exécuter des simulations ou exploiter des pipelines analytiques, les entreprises ont besoin d’un stockage capable de suivre le rythme du calcul accéléré. Reste que cette extension avec PowerFlex n’arrivera qu’en 2027. Ce n’est donc pas vraiment une annonce mais une direction, une feuille de route : celle d’un stockage à l’échelle extrême plus unifié, plus flexible et mieux intégré aux racks IA.

6. PowerStore Elite : moderniser le stockage primaire sans tout refaire

PowerStore occupe une place importante dans le portefeuille stockage de Dell, avec une promesse d’evolutivité et de modernisation progressive. Mais les besoins liés à l’IA, à l’analytique et à la consolidation exigent plus de performance, plus de densité et moins de cycles de migration lourds.

PowerStore Elite inaugure cette nouvelle génération avec jusqu’à trois fois plus de performance et de densité que les générations précédentes, jusqu’à 5,8 Po de capacité effective dans un appliance 3U et une garantie de réduction de données 6:1. De quoi rassurer les DSI sur l’efficacité réelle de la plateforme dans des environnements où les volumes explosent plus encore qu’à l’accoutumé. Dell met en avant des mises à niveau non disruptives, afin d’éviter les remplacements lourds qui imposent migrations, interruptions de service et projets coûteux. La disponibilité est annoncée pour juillet 2026.

Là encore, le message dépasse la fiche technique. Dans un monde où l’IA multiplie les flux, les copies, les index et les traitements, le stockage primaire doit redevenir une plateforme active, évolutive et intégrée à l’exploitation IT.

7. PowerEdge 18e génération : le serveur généraliste se réinvente

Jusqu’ici, les serveurs PowerEdge formaient le socle classique des datacenters Dell. L’IA, le HPC, l’analytique avancée temps-réel  et la virtualisation dense réclament davantage de puissance par rack, plus de bande passante, plus d’entrées/sorties, une meilleure efficacité énergétique et, de plus en plus souvent, du refroidissement liquide.

 « Ce qui prenait des mois prend maintenant des semaines avec l’IA agentique ; ce qui prenait des semaines prend des jours » constate Jensen Huang. Cette accélération ne concerne pas seulement le développement logiciel. Elle impose aussi un renouvellement plus rapide des infrastructures, sous peine de transformer le datacenter en goulet d’étranglement.

Dell annonce onze nouveaux serveurs PowerEdge de 18e génération (à base d’Intel Xeon 6 ou AMD EPYC de 6ème génération), avec jusqu’à 70 % de performance supplémentaire et une consolidation pouvant atteindre 13:1 selon les configurations. La gamme couvre les environnements refroidis par air et par liquide. Ces serveurs sont conçus pour couvrir un spectre très large : entraînement et inférence IA, calcul haute performance, consolidation de machines virtuelles, bases analytiques, stockage dense ou charges d’entreprise généralistes.

L’enjeu pour les DSI n’est pas seulement d’ajouter de la puissance brute. Il s’agit aussi de contenir l’empreinte physique, électrique et opérationnelle du datacenter alors que l’IA augmente fortement les besoins de calcul. En proposant des modèles refroidis par air ou par liquide, Dell cherche à accompagner différents niveaux de maturité : des entreprises qui modernisent progressivement leur infrastructure jusqu’aux organisations qui bâtissent déjà des plateformes IA très denses. Les disponibilités s’échelonneront entre le second semestre 2026 et 2027, signe que cette génération PowerEdge relève autant d’un renouvellement produit que d’une feuille de route pour les futurs datacenters IA.

8. PowerProtect One et Cyber Detect : une cyber-résilience native

Jusqu’ici, sauvegarde, détection ransomware et reprise après incident étaient souvent empilées autour de l’infrastructure. Dans des environnements plus automatisés et bientôt pilotés par agents, cette approche périphérique devient insuffisante.

Dell annonce PowerProtect One, qui réunit gestion de la protection et stockage sécurisé sous un même plan de contrôle. Dell étend aussi Cyber Detect à PowerStore et PowerMax, avec détection IA des corruptions ransomware et identification du dernier point de restauration sain. PowerProtect One est disponible maintenant ; Cyber Detect pour PowerStore est prévu au troisième trimestre 2026 et pour PowerMax au second semestre 2026.

L’intérêt est évident : plus les agents disposent de droits d’action, plus la capacité à détecter, isoler et restaurer devient critique. Michael Dell parle d’un « moment existentiel » pour les entreprises qui doivent redessiner leur travail autour de l’IA. Ce moment est aussi existentiel pour la sécurité : une entreprise agentique mal protégée deviendra une entreprise vulnérable plus vite.

9. Dell Private Cloud : le cloud privé redevient un choix stratégique

Jusqu’ici, le cloud privé était souvent enfermé entre deux visions : l’hyperconvergence d’un côté, la domination VMware de l’autre. Mais le contexte post-Broadcom, les enjeux de souveraineté, l’edge et les coûts cloud remettent le cloud privé au centre des arbitrages.

Face à ces enjeux, Dell avait lancé en octobre dernier son Dell Private Cloud, plateforme de cloud privé de Dell destinée à automatiser le déploiement, la gestion et l’évolution d’environnements cloud sur infrastructure Dell. Elle repose sur Dell Automation Platform et sur une architecture désagrégée, c’est-à-dire que le calcul et le stockage peuvent évoluer séparément, au lieu d’être enfermés dans un modèle hyperconvergé classique.

Entre la recomposition de l’écosystème VMware après Broadcom, la montée d’Azure Local, l’alternative Nutanix AHV et les besoins de plateformes ouvertes autour de Red Hat, les DSI réclament davantage de choix pour moderniser leurs infrastructures sans se retrouver enfermées. Dell étend donc son offre Dell Private Cloud autour de plusieurs écosystèmes : Broadcom, Microsoft, Nutanix et Red Hat. L’annonce couvre notamment le support de VMware Cloud Foundation 9.1, l’intégration avec Microsoft Azure Local, ainsi que la compatibilité de Dell PowerStore avec Nutanix AHV. L’objectif est de permettre aux entreprises de bâtir ou de faire évoluer leur cloud privé avec la pile la plus adaptée à leurs contraintes : continuité VMware, extension Azure hybride, alternative Nutanix ou approche plus ouverte.

Dell met aussi en avant Dell Distributed Private Cloud, le nouveau nom de Dell NativeEdge, pour les environnements distribués et edge. Il s’agit ici de gérer des infrastructures déployées hors du datacenter central : agences, sites industriels, points de vente, entrepôts, usines ou sites distants. Dell promet notamment de la haute disponibilité à deux nœuds, de la bascule automatique, de la migration de machines virtuelles, des mécanismes de sécurité zero trust et un déploiement zero-touch pour limiter les interventions locales.

Selon Michael Dell, « l’IA hybride n’est pas un compromis, c’est un avantage compétitif. ». Dell veut se positionner comme un socle neutre du cloud privé et du cloud distribué. Plutôt que d’imposer une seule architecture, le groupe cherche à devenir la couche d’infrastructure commune capable d’accueillir plusieurs stacks, plusieurs hyperviseurs et plusieurs modèles d’exploitation. Avec l’idée de permettre aux DSI de préserver les investissements existants tout en gardant une marge de manœuvre dans un marché du cloud privé redevenu très stratégique.

10. Automation Platform et Automation Studio : l’IT ops agentique

Jusqu’ici, l’automatisation IT reposait sur des scripts, des playbooks, des API, des outils AIOps et des catalogues de services. Ces briques restent utiles, mais elles nécessitent encore beaucoup d’intégration humaine.

Pour Jensen Huang, « on bon ingénieur travaille aujourd’hui avec un agent ; un excellent ingénieur orchestrera bientôt une multitude d’agent. » Transposée à l’exploitation IT, cette idée suggère une transformation profonde du métier : moins de gestes répétitifs, davantage de supervision, d’arbitrage et de gouvernance d’agents d’infrastructure.

Avec Dell Automation Platform 2026, Dell fait évoluer une brique déjà connue, qui sert de socle d’orchestration commun à Dell Private Cloud et Dell NativeEdge. L’idée initiale : centraliser le provisioning, la gestion et l’automatisation des infrastructures Dell, plutôt que de laisser les équipes IT bricoler scripts, consoles et outils d’exploitation. Dell la présentait comme un moyen de réduire les étapes manuelles et d’unifier l’administration d’architectures désagrégées.

La nouveauté annoncée à Dell Technologies World 2026 est l’ajout d’une véritable couche agentique. La plateforme ne se contente plus d’exécuter des tâches prédéfinies : elle intègre désormais Dell AIOps pour transformer la télémétrie du compute, du stockage et du réseau en actions concrètes. L’objectif est de boucler le cycle déployer, observer, comprendre, agir. Les agents analysent les signaux de l’infrastructure, détectent des tendances, anticipent les incidents, proposent ou déclenchent des opérations de maintenance et d’optimisation, avec des garde-fous et une validation humaine pour toute intervention sensible en production.

Dell y ajoute une interface générative pensée pour s’affranchir des consoles techniques cloisonnées. Les équipes formulent un objectif – améliorer un niveau de service, corriger une anomalie, optimiser une ressource, préparer un déploiement – et la plateforme se charge de le traduire en séquences d’actions contrôlées et orchestrées. L’IT passe ainsi d’une automatisation par procédures à une automatisation pilotée par intention, mais encadrée par les règles de l’entreprise.

Dell Automation Studio vient compléter cet édifice. Cette brique premium permet aux équipes DevOps, platform engineering ou infrastructure de bâtir leurs propres workflows full stack, du compute au réseau, jusqu’aux applications distribuées entre datacenter et edge. Dell met en avant une approche par blueprints, compatible CI/CD, pour produire des automatisations réutilisables, versionnables et cohérentes à grande échelle.

Le constructeur veut ainsi faire de Dell Automation Platform le plan de contrôle logiciel de ses infrastructures modernes, cloud privé, cloud distribué, edge et, demain, environnements IA. Ce qui existait, c’était l’orchestration centralisée. Ce qui s’y greffe désormais, c’est une couche agentique, une interface générative et un studio de création de workflows pour automatiser l’exploitation de bout en bout. Automation Studio est attendu en juin 2026, les capacités agentiques de la plateforme suivront plus tard dans l’année.

Dell veut devenir l’assembleur de l’IA maîtrisée

Pris séparément, ces dix points ressemblent à un catalogue d’annonces : postes de travail IA, AI Factory, plateforme de données, racks, stockage, serveurs, cyber-résilience, cloud privé, automatisation. Pris ensemble, ils dessinent une stratégie beaucoup plus nette et cohérente. Dell veut devenir l’assembleur de l’IA d’entreprise contrôlée : celle qui s’exécute près des données, sur des infrastructures privées ou hybrides, avec une chaîne complète allant du développement agentique à l’exploitation du datacenter.

Un discours qui répond aux douleurs actuelles des DSI : explosion des coûts cloud, difficulté à industrialiser les POC IA, fragmentation des données, pression cyber, complexité des racks GPU, manque de compétences et nécessité de garder le contrôle. Mais cette cohérence ne doit pas masquer les points de vigilance. Plusieurs annonces s’étalent jusqu’en 2027. La dépendance à NVIDIA reste massive. Et l’agentique appliquée à l’exploitation IT devra prouver qu’elle simplifie réellement les opérations sans créer une nouvelle couche d’opacité.

Michael Dell affirme que les entreprises qui ne deviendront pas pilotées par l’IA agentique « auront du mal à survivre ». Une façon d’installer une urgence que tous les DSI ne ressentent pas encore mais que le marketing américain ne cesse de leur enfoncer dans le crâne. Après toutes ces grandes conférences 2026, on imagine que les DSI ont désormais bien compris qu’après l’ère des assistants IA, celle des agents va faire de l’infrastructure un sujet stratégique de premier plan. Reste désormais à agir vite, mais sans précipitation.

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