Devant l’accumulation des réticences et des soupçons, l’équipementier chinois pense ne pas pouvoir se développer aux Etats-Unis.

Confronté à l’hostilité américaine, le géant chinois des équipements de télécommunications Huawei estime que ce marché n’est pas un élément-clé de sa stratégie dans un proche avenir, selon un communiqué diffusé le 23 avril 2013.

Huawei a une réputation sulfureuse auprès des autorités américaines qui lui reprochent ses liens avec les autorités chinoises. Un rapport de la commission du renseignement du Congrès américain estimait fin 2012 que les technologies de Huawei, ainsi que celles de son principal concurrent chinois, ZTE, pourraient être utilisées pour saper la sécurité des Etats-Unis.

Les suspicions contre les sociétés chinoises se sont renforcées cette année à la suite de plusieurs attaques informatiques provenant de Chine et visant des entreprises ou des infrastructures américaines. Le président Barack Obama a même estimé en mars que certaines de ces attaques « sont soutenues par l’Etat ».

Des soupçons également en Europe

Face à ces difficultés et à ces soupçons, le vice-président de Huawei, Eric Xu, a déclaré mardi 23 avril que son groupe « n’est plus intéressé par le marché américain », a rapporté le Financial Times. Début avril pourtant, le PDG du groupe, Guo Ping, était encore confiant et déclarait « qu’un jour nous pourrons potentiellement résoudre les défis et les problèmes aux Etats-Unis ».

En Europe non plus Huawei n’est pas à la fête même s’il est plus implanté. Le commissaire européen au commerce cherche actuellement à obtenir des soutiens des Etats membres en vue d’engager une action contre l’équipementier et son concurrent ZTE pour concurrence déloyale. En France, les autorités envisagent de durcir leur politique vis à vis des équipementiers chinois évoquant des risques au niveau de la cybersécurité.

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