Xavier Niel a voulu tenter, à sa façon, le rêve américain. Après plusieurs semaines d’expectatives, Deutsche Telekom a finalement refroidi ses espoirs. Iliad avait, fin juillet, manifesté son intention de racheter T-Mobile US, filiale low cost aux États-Unis de l’opérateur allemand. Celle-ci, 4ème opérateur américain, s’était vu offrir 56,6 % du capital, à 33 $ par action. Trop peu, selon Deutsche Telekom.

Le français a alors décidé de muscler sa proposition. Un consortium réunissant deux fonds de private equity et de grandes banques internationales a été mis en place afin d’améliorer les termes de la proposition et de la porter à 67 %, pour 36 $ par action. Iliad aurait alors dû lever entre 5 et 6,5 Md$ pour mener à bien cette opération.

Le français jugé inexpérimenté

Ne manquant pas d’arguments sur les synergies et la proximité stratégique des deux entreprises, Xavier Niel affirmait lundi dernier encore son ambition d’accélérer la transformation de T-Mobile US avec, notamment, la réalisation de plus de 2 Md$ d’économies annuelles, avant finalement d’expliquer que cette transaction aurait été fortement créatrice de valeur pour les actionnaires des deux sociétés.

Toutefois, pour les dirigeants du groupe allemand, Iliad ne bénéficie pas de l’expérience suffisante dans la téléphonie mobile (Free Mobile est né en 2012), ni d’un réseau sur le sol américain. Ainsi, Deutsche Telekom ne pense pas que le Français sera capable de faire mieux que les responsables actuels de T-Mobile US…

Un camouflet pour Xavier Niel, qui s’affiche depuis plus de deux ans en révolutionnaire de la téléphonie mobile et du low cost.