La start up Intellinium propose en mode Saas une plate-forme collaborative respectant le droit à l’oubli basée sur des technologies open source.

Si les projets de réseaux sociaux internes aux entreprises se multiplient, le monde académique s’est encore peu lancé dans l’aventure. Universités et grandes écoles ont pourtant des réseaux conséquents d’étudiants, de personnels administratifs et d’enseignants, dont les liens sont très forts. Et si les étudiants sont très présents sur Facebook, « les universités françaises (et allemandes) se sont détournées de ce réseau social et de Google, pour des raisons légitimes de protection des données privées », explique le fondateur d’Intellinium, Mathieu Destrian. Ce dernier était convaincu dès 2009 de la nécessité de proposer une plate-forme collaborative plus respectueuse des informations privées que les géants du web de l’époque. Toujours en contact avec la communauté académique, Mathieu Destrian créée alors la start up Intellinium tournée, au départ, vers les universités ainsi que vers les TPE et les PME, mais qui intéresse de plus en plus les grands comptes.

Des échanges entre organisations

Trois types d’espaces cohabitent sur la plate-forme : personnel, de groupe ou d’organisation. Chaque membre gère son univers et crée des groupes autour d’un projet si nécessaire, tandis que les organisations génèrent des espaces qui leur sont propres. « Chaque structure peut créer un réseau complètement fermé, ou plus ouvert, mais conservant des groupes privés et donnant un accès restreint à la plate-forme de l’extérieur », explique Mathieu Destrian. 

L’objectif est de faciliter les interactions entre les communautés économiques (i.e. les entreprises) et les communautés académiques (universités, écoles d’ingénieur et de commerce, laboratoire). Les entreprises ont accès par l’intermédiaire de la plateforme aux travaux de recherches universitaires, ainsi qu’aux profils d‘étudiants (voir capture d’écran ci-dessous) en recherche d’un doctorat ou d’un stage. Fidèle à l’idée de départ, le « droit à l’oubli » est garantie sur le réseau par la possibilité de supprimer définitivement son profil en trois clics.

Un assemblage de briques open source

En résumé, Intellinium est un « extranet social collaboratif sécurisé, explique Mathieu Destrian. Nous fournissons des outils collaboratifs aux différents membres des communautés ciblées car c’est là que se crée souvent la connaissance. » Si nécessaire, des services peuvent être ajoutés au portail et mis à disposition des autres utilisateurs via une place de marché (l’équivalent d’un Appstore). Par défaut, la plate-forme offre, entre autres, des fonctionnalités de création d’espaces collaboratifs, de microblogging proches de celles de Twitter et de partage sécurisé de documents avec des droits associés aux contenus (voir capture ci-dessous).

Disponible en mode Saas (Software as a Service) depuis fin 2011, sur la base d’un abonnement par utilisateur et par mois, Intellinium s’appuie essentiellement sur trois briques open source : Liferay, Alfresco pour la gestion de contenu, et Lucene Sol’r comme moteur de recherche. Des fonctionnalités sociales ont été développées au-dessus du portail Liferay. « Nous n’utilisons pas le module Liferay Social Office qui ajoute, certes, ce type de fonction au portail, mais qui suscite des problèmes d’évolutivité et de dimensionnement de la solution », justifie Mathieu Destrian. La version 2 de la plate-forme devrait voir le jour fin 2012.

Date de création : octobre 2009.

Domaine : collaboratif.

Innovation : plate-forme open source destinée au monde académique.

Siège : Aix-en-Provence (13).

Effectif : 9 personnes.

Financement : 44 k€ d’Oséo (subvention et garantie bancaire) et 75 k€ de la région Paca.

Produit : Intellinium

Clients : à la fois les entreprises (TPE/PME et grands comptes) et le secteur académique (universités, écoles d’ingénieur, de commerce, laboratoires, …).

Technologies utilisées : Liferay, Lucene Solr, Alfresco

Le fondateur : Mathieu Destrian, 36 ans, directeur d’Intellinium. Ingénieur Insa Lyon et MBA de l’Institut d’administration des entreprises d’Aix-en-Provence.