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Jusqu’où l’automatisation des processus par la robotique (RPA) va-t-elle modifier le travail ?

Par La rédaction, publié le 05 février 2018

Publié le 29 novembre dernier, le rapport Emplois perdus, emplois gagnés : les transitions de la main d’œuvre à une période d’automatisation du cabinet de conseil américain McKinsey & Company tente d’estimer l’impact qu’aura la robotisation sur le monde du travail à l’horizon 2030. Selon cette étude, les effets de la robotisation engendreraient la reconversion de près de 400 millions de travailleurs dans le monde. À un niveau d’ores et déjà palpable au sein des entreprises, la mise en œuvre de processus exécutés à l’aide de tâches automatiques et manuelles est une réalité. Une deuxième phase automatisant tout ou partie des tâches humaines à l’aide d’une solution de robotisation commence à sérieusement s’imposer dans les esprits. Les gains attendus tant en termes de productivité que de qualité sont importants. Reste à savoir s’ils seront réalisés au bénéfice des salariés, en leur proposant une diversification des tâches intellectuelles à accomplir, ou à leurs dépens en réduisant les effectifs.

UN ESPOIR POUR UN GRAND NOMBRE D’ENTREPRISES

Beaucoup de sociétés mettent en place une solution de RPA dans le but de voir leur productivité et leur chiffre d’affaires s’accroître. Ils tablent parfois même sur des estimations de réduction des ETP (équivalent temps plein) atteignant 30 %. Ces entreprises espèrent ainsi parvenir à automatiser le maximum de tâches pour réussir à avoir des rendements encore jamais obtenus, et ce, grâce à une disponibilité des machines 24 heures sur 24. Néanmoins, ces sociétés doivent aussi intégrer le fait qu’il vaut mieux s’ôter l’idée d’une robotisation totale. L’être humain reste indispensable dans bien des domaines et ce, à travers toute la chaîne de production des entreprises. Par exemple, le niveau de robotisation dans le tertiaire ne pourra pas être aussi élevé que dans le domaine industriel. Cependant, le gisement de gains est bien là. Il reste à trouver la voie permettant à l’homme d’en sortir grandi.

Il ne faut pas oublier que l’automatisation et la robotisation s’accompagnent de craintes, qui se doivent d’être relativisées. Si la RPA s’accroît, elle ne fera pas pour autant disparaître le travail tel que nous le connaissons actuellement. Elle donnera surtout aux entreprises un accès à des niveaux de qualité supérieurs sur certaines tâches et à une flexibilité immédiate. Pour le reste, des opérations précises et plus minutieuses seront toujours effectuées par les humains.

UN IMPACT POSITIF OU NÉGATIF ?

Bien évidemment, la réponse ne peut être seulement binaire. Tout d’abord, cette technologie n’est pas novatrice, mais elle bénéficie aujourd’hui d’avancées technologiques, notamment dans le cadre de la reconnaissance graphique. Elle est amenée à évoluer avec l’intégration de l’intelligence artificielle pour accroître son champ d’action. La RPA ne réduira pas non plus en un clin d’œil ce fossé entre les pays développés et les économies émergentes. Certaines fonctions manuelles qui demandent de la minutie seront encore effectuées par les humains. Et le fait de délocaliser des pans d’activité à moindre valeur ajoutée dans certains pays ne s’arrêtera pas grâce aux avancées de la RPA. Pour beaucoup d’employés, la crainte de voir leur travail être repris par une machine est donc peu probable. Ces salariés devront néanmoins s’adapter à de nouvelles compétences. Une analyse détaillée des besoins de main-d’œuvre automatisée et humaine permettra de mettre en lumière l’expertise humaine, et de pouvoir déléguer la part dite ingrate du travail à des robots.

Désormais, les entreprises vont-elles saisir les opportunités que peut offrir la RPA ? Pour beaucoup, le gain pécuniaire prime sur le reste. La RPA peut bien évidemment satisfaire ces attentes, mais cela doit se faire avec l’idée qu’une réduction de la masse salariale n’est pas la méthode à privilégier. La RPA a beau ne pas être une nouvelle technologie disruptive, l’intégration par exemple de l’intelligence artificielle risque de la voir fortement évoluer au cours de la décennie qui vient, en augmentant notamment son impact sur de nouveaux secteurs.  

 

Philippe Vilain

Consultant chez Software AG 

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