Notre expérience terrain nous conduit à dresser un constat étonnant : les échanges numériquesne cessent de croître, les frontières disparaissent, la notion de mondialisation est intégrée, mais la digitalisation apparaît encore comme une notion abstraite pour de nombreuses entreprises françaises. Des PME aux grands groupes, la plupart affichent des retards significatifs par rapport aux sociétés anglo-saxonnes. Or, il y a urgence.Car, face à ces enjeux, c’est bien la numérisation qui permet de rester compétitif et en phase avec son marché. En effet, les sociétés sont confrontées à des exigences accrues en matière de per-for-mance, de mobilité et de sécurité, tandis que les organisations deviennent de plus en plus matricielles. Qu’ils soient nouveaux ou déjà matures, les services et les solutions informatiques, ainsi que les outils du Web, se révèlent incontournables pour affronter ces défis. L’agilité est devenue primordiale : les services, ainsi que les outils, doivent être simples, intuitifs, réactifs, afin de répondre aux besoins du business. Cette souplesse est cruciale pour développer rapidement de nouvelles offres de produits et de services, et fidéliser ainsi ses clients, innover ou conforter sa position sur le marché. Fini les lourds projets informatiques qui durent plusieurs années. Le système d’information en lui-même ne représente plus une source de différenciation pour les entreprises. Le véritable avantage compétitif réside dans cette faculté à saisir les opportunités découlant des solutions numériques. Le développement du cloud computing, du Saas (Software as a Service) et des outils collaboratifs a, en effet, profondément changé les usages. Il n’est plus nécessaire d’être propriétaire et de loger ses infrastructures au sein de la société. Nous sommes passés d’un système d’information local à un système de location, dans lequel l’entreprise loue les services qu’elle utilise. Les coûts de gestion et de maintenance sont ainsi réduits, sans dégrader la qualité des systèmes. Cette évolution pose la question de la sécurité des données, qui inquiète souvent les DSI que nous rencontrons lors de nos missions. En quelque sorte, les DSI devaient autrefois apprendre à piloter des jets privés… et aujourd’hui ils ont droit à de vrais avions de ligne, tout équipés et beaucoup plus sûrs ! Cette image, à première vue très simple, nous aide parfois à convaincre des directions dont les besoins en matière de sécurité et de traçabilité de l’information sont prioritaires.

Face à la complexité de ces changements, faire appel à un manager de transition peut faire la différence. Car c’est un dirigeant opérationnel et expérimenté, qui passe entre six et dix-huit mois dans une société et intervient à plusieurs niveaux : il pilote les programmes de changement, gère les projets spécifiques, joue le rôle de DSI pour franchir le cap de la digitalisation… Dès lors, des premiers diagnostics à la mise en œuvre, ses compétences pragmatiques constituent un atout pour aider la direction en place à réussir cette trans-formation. Encore peu connu en France, le métier de manager de transition se révèle non seulement complémentaire de celui des SSII ou des cabinets de conseil en organisation, mais fait également le lien entre les différents services et les prestataires. Comment assurer la réversibilité des données en cas de problèmes avec des fournisseurs ? Comment adapter les systèmes en fonction de la stratégie et des besoins métiers de l’entreprise ? Comment intégrer de nouveaux services et outils aux systèmes informatiques existants ? Comment dépasser la technique pour appréhender l’environnement ? Avec son regard extérieur et un discours clair et direct, le manager de transition peut se révéler un appui fort dans les échanges entre la DSI et le comité de direction, et ainsi accélérer le processus de rationalisation des métiers et des coûts. Grâce à un carnet d’adresses et de son expérience de l’intégration, il est également source de valeur dans le choix des prestataires, ainsi que dans la sélection de services et outils pérennes. 

Enfin, comme dans la sphère privée, le mouvement de digitalisation dans le monde professionnel est avant tout culturel. Réussir la conduite du changement fait partie intégrante de la mission du manager de transition. C’est même la pierre angulaire du succès. Car l’externalisation des systèmes n’est pas sans impact sur le fonctionnement et l’organisation de l’entreprise. Elle s’accompagne nécessairement d’un changement de mentalité. Déjà, le rôle du DSI consiste de plus en plus à faire le lien entre les différents services, logiciels et applications, afin de garantir transparence, fluidité et facilité d’accès aux utilisateurs. Dans la plupart des entreprises de services, cette fonction de DSI devrait évoluer vers le métier de DRN (directeur des ressources numériques) ! Si la maîtrise des aspects techniques restera incontournable, le DRN sera plus impliqué dans la stratégie de l’entreprise. De nouveaux défis qu’il relèvera haut la main.