L’IA propulse la DSI au cœur des décisions, entre gains de productivité records et supervision intelligente des usages dans toute l’entreprise.

Data / IA

La DSI place forte de l’IA, comme une évidence ?

Par François Jeanne, publié le 14 août 2025

Point d’entrée logique des innovations technologiques, la DSI et ses acteurs se sont emparés de l’IA et encore plus de l’IA générative, qui bouleversent déjà ses métiers. Une maîtrise qui lui confère une place de choix pour superviser les usages qui se déploient ailleurs, en accord plus qu’en contrôle avec les métiers.

Une étude menée par Sapio Research pour l’éditeur TeamViewer fin 2024 auprès de 1 400 décideurs dans le monde a permis de confirmer ce que l’intuition nous disait déjà. Comme pour l’internet, autre technologie qui a bouleversé à jamais les entreprises, c’est bien à la DSI que l’intelligence artificielle et notamment l’IA Gen sont les plus consommées. Au total, 80 % des membres de la DSI utilisent l’IA au moins une fois par semaine (un chiffre en hausse de plus de 20 % en un an). Plus de 40 % le font au quotidien (plus 30 % en un an). Les professionnels interrogés estiment que l’IA leur permet de se recentrer sur des tâches de plus haut niveau, en leur faisant économiser en moyenne et par personne 16 h de travail par mois, contre 12 h en moyenne tous services confondus. Pour 69 % des décideurs IT, elle va favoriser le plus grand bond de productivité depuis un siècle.

Des projets anciens à relancer

Ce n’est pas une surprise, si l’on considère le nombre d’outils apparus en quelques mois pour assister les informaticiens dans à peu près toutes les phases du cycle de vie des logiciels (voir p.56 et suivantes).
Et selon les projections des experts, comme Luc Germain, manager & CTO innovative tech chez Devoteam, le volume des activités de la DSI traités par l’IA va encore augmenter : « Les projets de migration sont en particulier concernés, notamment dans le domaine des bases de données », mais aussi, à l’étude aujourd’hui, pour se désengager de certaines impasses comme celle créée par Broadcom pour les anciens propriétaires de licences VMware.

Quant aux grands projets de réduction de la dette informatique sur les mainframes par exemple, « alors que les DSI tergiversaient jusqu’ici pour des questions de prix et de risques liés notamment aux délais de réalisation, désormais ils disposent d’outils pour automatiser 90 % de la chaîne, générer de nouveaux cas de tests. »

La maîtrise de la DSI a une autre vertu, celle de la rendre incontournable dans la mise en oeuvre de l’IA dans l’entreprise. Comme l’explique Matthias Kapfer, technical delivery manager chez Appian, « cette mise en oeuvre pose des problèmes de sécurité, de budget, d’intégration dans le SI. Autant de points sur lesquels la DSI est incontournable ». À condition, selon lui, de ne pas faire cavalier seul et de travailler main dans la main avec les métiers autour des cas d’usage. Pour l’éditeur de solutions de développement low code, nul doute qu’avec les outils qu’il propose et leurs fonctionnalités d’IA Gen pour accélérer la productivité d’utilisateurs non-experts, la DSI trouve un allié de choix dans la délégation d’une partie de ses tâches historiques aux métiers, sous son contrôle technique et budgétaire.

L’AI Act, un catalyseur comme le RGPD

Avec l’AI Act, comme jadis avec le RGPD, la DSI a une autre bonne raison d’être sur le devant de la scène, puisque c’est elle qui pourra répondre précisément aux questions posées à l’entreprise sur la provenance et l’utilisation des données et des outils. Il faudra alors que, comme avec la shadow IT précédemment, la shadow IA soit réduite à une portion congrue. Mais à condition d’apparaître comme des facilitateurs bienveillants plutôt que des empêcheurs de tester en rond, les membres de la DSI ont toutes les cartes pour occuper une place centrale dans la mise en oeuvre de l’IA.


Un chief AI officer dans 14 % des organisations

De nombreuses études semblent attester de l’émergence d’une nouvelle fonction dans les organigrammes, celle de chief AI officer. Ainsi, au début de l’année, Foundry estimait à 14 % la part des entreprises dans le monde ayant déjà un professionnel à ce poste. En 2024 d’ailleurs, aux USA, la Maison Blanche avait publié une directive pour que les agences gouvernementales nomment un CAIO. Si 24 % de ces professionnels sont rattachés à la DSI, 40 % d’entre eux reportent directement au PDG. Une situation qui n’est pas sans rappeler la vague des nominations des CDO il y a quelques années ou, en remontant plus loin au tournant du siècle, celle des responsables internet. À chaque fois, le mouvement de balancier a ramené ces professionnels vers la DSI. En sera-t-il de même cette fois-ci ?




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