Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a annoncé le lancement de Robolution Capital, un fonds européen de capital-risque dévolu à la robotique de service. Cette initiative sera dotée de 80 M€, contre 60 M€ prévus au départ, et sera financée à parts égales entre le privé et le public.
L’entité, pilotée par Orkos Capital, regroupera de nombreux acteurs de l’économie et des finances européennes. Orange, Thalès ou EDF seront notamment partie prenante, tout comme Bpifrance ou le fonds européen d’investissement (FEI).
Dédié aux startups françaises et européennes, ce plan s’étalera sur 10 ans et permettra des investissements d’un montant compris entre 300 k€ et 10 M€.
Robolution Capital est une conséquence directe de la mesure gouvernementale France Robots Initiative, dévoilée en mars 2013 pour soutenir les ambitions françaises en matière de recherche liées à la robotique. Le plan global prévoyait à l’époque un investissement public d’environ 100 M€ afin de mettre le pied à l’étrier à près de 250 PME potentiellement intéressées par la robotisation.
La France, petit poucet européen de la robotique
En mars 2013, le projet robotique de la France visait à propulser le pays parmi les leaders mondiaux en la matière d’ici 2020. Un objectif pour le moment lointain, puisque l’Hexagone compte, par exemple, « 150 000 robots de retard sur l’Allemagne », selon les chiffres dévoilés par Arnaud Montebourg.
Un retard également déploré au niveau des instances européennes. Selon Khalil Rouhanna, responsable de la direction Composants et systèmes à la Commission européenne, la France est encore trop peu présente dans les programmes de robotique menés en Europe. Elle serait largement devancée par l’Allemagne, mais aussi par l’Angleterre et l’Italie.
Le marché mondial de la robotique a été estimé à environ 17 Md€ en 2013, mais la fédération internationale de la robotique estime que son volume pourrait être plus que décuplé d’ici 10 ans (100 Md€ en 2018 et 200 Md€ en 2023).
Les robots pourraient notamment opérer dans de nombreux domaines, parmi lesquels le médical et l’aide à la personne, mais aussi la construction, la surveillance ou l’agroalimentaire.