Grâce à la mise en œuvre d’un jumeau numérique actualisé en temps réel par la solution de Gestion Technique du Bâtiment de Nextiim, la société a déjà réduit sa consommation énergétique de 20% sur un premier immeuble de son parc immobilier.

Par Marie Varandat

N’y cherchez pas la Tour Eiffel, la société éponyme ne la possède plus ! Fondée en 1889 par Gustave Eiffel pour bâtir et gérer la célèbre tour parisienne, la Société de la Tour Eiffel a été dépossédée du célèbre monument français en 1979. Transformée en foncière cotée de statut SIIC (Société d’Investissements Immobiliers Cotée), elle est désormais spécialisée dans l’immobilier d’entreprise dans le Grand Paris et en régions avec un patrimoine d’une valeur de plus de 1 860 millions d’euros, soit environ 80 sites et 200 bâtiments.

Répondre aux enjeux réglementaires

Précurseur en matière de responsabilité sociétale et environnementale, la société a été un de tous premiers signataires de la charte pour l’efficacité énergétique des bâtiments tertiaires publics et privés mise en place par le Plan Bâtiment Durable en 2013 sous le patronage des ministres de l’Ecologie et du Logement de l’époque. Elle prévoit notamment une réduction de 40% de la consommation énergétique et des émissions de gaz à effet de serre des bâtiments d’ici 2030. La société est également un des membres fondateurs de l’Observatoire de l’Immobilier Durable (OID). « Au-delà des aspects législatifs qui imposent des économies énergétiques, nous avons toujours été engagés sur les sujets de développement durable, explique Odile Batsere, directrice de la Gestion Immobilière et RSE de la Société de la Tour Eiffel. C’est pourquoi tous nos grands bâtiments de 15 000 ou 20 000 m² étaient déjà équipés d’une solution de pilotage de l’efficacité énergétique. Mais elle était trop onéreuse pour des structures plus petites de 5 000 ou 7000 m² ».

Gagner en visibilité sans remettre en cause l’existant

Interface du logiciel Sextant

En quête d’une solution adaptée à ses plus petits sites, la société opte en octobre 2018 pour Sextant de Nextiim. Nouvel entrant dans le domaine de la Gestion Technique du Bâtiment et de Gestion Technique Centralisée (GTB/GTC), Nextiim s’appuie sur la plateforme IIOT (Internet industriel des Objets) ThingWorx de PTC. Un partenariat qui constitue une grande partie de la force de Nextiim, la richesse de la connectivité ThingWorx permettant à Sextant de se connecter à l’existant. « Cette exploitation de l’existant a un double avantage, précise Odile Batsere. Elle contribue bien entendu à une réduction des coûts lors de la mise en œuvre de la solution de pilotage, mais aussi à une économie des ressources de la planète. Plutôt de que déployer de nouveaux câbles, donc d’utiliser plus de cuivre, de plastique ou tout autre matériau rare, on capitalise sur l’existant, ce qui compte aussi dans une démarche RSE. C’est une des spécificités de Sextant qui a contribué pour une large part au choix de la solution d’autant que cette capacité d’intégration et d’adaptation à l’existant facilite grandement l’installation d’une solution de pilotage, tant du point de vue de la rapidité de mise en œuvre que de la souplesse et de l’agilité qu’elle donne ».

Un jumeau numérique en 3D actualisé en temps réel

Gestion de l’efficacité énergétique avec la modélisation en 3D du bâtiment géré par la société de la Tour Eiffel.

Pour valider ce choix, la société de la Tour Eiffel a commencé par déployer Sextant dans son immeuble de bureaux Energy 2, à Vélizy-Villacoublay (78) d’une superficie de 5443 m. Dans un premier temps, l’équipe de Nextiim a effectué un état des lieux afin de pouvoir réaliser une modélisation 3D de l’immeuble. Cette maquette BIM (Building Information Modeling) a été complétée par des scans photo et enrichie de tous les équipements consommateurs d’énergie installés dans l’immeuble, qu’il s’agisse d’éclairage, de chauffage ou encore de climatisation. La maquette est ensuite progressivement connectée à tous les programmateurs afin de pouvoir par la suite effectuer une supervision technique en temps réel des différents éléments (température dans les bureaux, état de fonctionnements des armoires électriques, etc.).

« Dans un premier temps, l’objectif est de recréer le savoir qui s’est perdu au fil du temps et de le « sanctuariser » dans Sextant en y ajoutant la documentation relative à tous les équipements (plan, schémas, notices de fonctionnement, etc.), explique Yann Jobert, président de Nextiim. Forts de cette modélisation, nous créons ensuite un jumeau numérique temps réel qui permet de voir « vivre » le bâtiment du point de vue énergétique et bien entendu de piloter les équipements ».

Au passage, cette remise à plat permet aussi de prendre en compte l’évolution des lieux avec, par exemple, des régulations de chauffage qui ne sont plus adaptées à la configuration architecturale à la suite de modifications de cloisons au sein des bureaux.

Un pilotage centralisé et personnalisé

Tableau de bord de synthèse des éclairages sous Sextant

Malgré la capacité d’intégration de Sextant, certains matériels ont été changés : ils étaient trop obsolètes et pas communicants. Pour d’autres, la société a dû ajouter des passerelles pour les rendre communicants. Fin février 2019, les premiers automatismes de pilotage énergétiques étaient en place. Un an plus tard, la Société de la Tour Eiffel enregistre déjà une baisse de sa consommation énergétique de 20% grâce à ce jumeau numérique qui lui permet de centraliser le pilotage, mais aussi d’analyser sa consommation dans le temps. Une analyse qui lui a par exemple permis d’identifier une consommation anormale de l’eau provenant de fuites au niveau des blocs de ballon d’eau chaude des sanitaires. Au passage, la Société de la Tour Eiffel a aussi commencé à capitaliser sur son nouveau dispositif pour personnaliser et automatiser la gestion de politiques énergétiques individuelles, propres aux besoins exprimés par chaque locataire : plages d’éclairage, température spécifique dans les bureaux, etc.

Des économies très significatives

« À l’échelle des 40% imposés par la charte pour l’efficacité énergétique, 20% d’économie en un an, c’est beaucoup, se félicite Odile Batsere. Mais l’effort ne s’arrête pas là. Il va falloir aller chercher les 20% restant principalement dans le comportement des utilisateurs : chauffage plus bas, moins de climatisation, recharge des téléphones, ordinateurs, bouilloire. Aucun propriétaire ne pourra atteindre les objectifs de la charte sans embarquer les utilisateurs dans sa démarche ».

En attendant, Sextant a non seulement permis à la société de réaliser la moitié du chemin, mais aussi de revaloriser ses actifs en reconstituant de l’information patrimoniale qui avait disparu avec le temps. Une démarche qu’elle compte bien appliquer à tous ses immeubles de taille moyenne, mais aussi à des bâtiments plus grands, Sextant étant déjà en cours d’implémentation sur six autres sites.


Chaque semaine, retrouvez sur ITforBusiness.fr un nouvel épisode de notre série « RSE & GREEN IT » :

Episode 1 : Mesurer l’empreinte environnementale du numérique
Episode 2 : Une IT plus responsable grâce à l’écoconception
Episode 3 : Embarquer les utilisateurs dans une démarche Green IT
Episode 4 : Green IT, une source d’économies et d’innovation
Episode 5 : Stratégie GreenIT : Bien peser le choix du matériel
Episode 6 : Maîtriser la fin de vie de son matériel IT
Episode 7 : La société de la Tour Eiffel fait confiance à Sextant pour optimiser son efficacité énergétique