La robotique industrielle atteint une nouvelle étape dans son développement. Du point de vue mécanique, les progrès sont de plus en plus difficiles à atteindre. C’est clairement l’électronique et le logiciel qui vont permettre les prochains sauts technologiques. Jean-Hugues Ripoteau explique pourquoi : « Mécaniquement, les robots sont relativement aboutis. On va sans doute progresser en vitesse car leurs moteurs électriques évoluent. Par contre, l’essentiel des changements se feront au niveau de la sensibilité des robots à leur environnement. Ils seront dotés de sens supplémentaires. »

Le premier de ces sens est la vision. « Au début, elle était assez simple, mais elle est devenu de plus en plus performante. Par exemple, une pièce arrive sur un convoyeur de manière plus ou moins aléatoire. En quelques dixièmes de seconde, le robot calcule sa position dans l’espace, essaye de déterminer si elle est défectueuse ou pas et, en fonction de cette analyse, place celle-ci dans un bac ou dans un autre. Ce traitement, on sait le faire en parallèle, et de façon extrêmement rapide. Cela permet de remplacer un bol vibrant, source de pannes, par un simple plateau circulaire motorisé relié au robot avec un système de vision. C’est trois à quatre fois moins cher, tout en présentant beaucoup moins de défaillances et en étant beaucoup plus flexible qu’un bol vibrant dédié à une pièce. Un moyen de contrer la concurrence des pays à bas coût ! »