Le régulateur consulte le marché sur une technologie mêlant fibre optique et câble existant pour desservir l’abonné. Jusqu’où la fibre doit-elle être amenée ?

En pleine montée en puissance du plan gouvernemental France Très Haut Débit, le régulateur télécoms relance un débat sur les technologies nécessaires, dans ce contexte, pour raccorder les abonnés.

L’Arcep consulte publiquement les acteurs concernés (opérateurs, collectivités, équipementiers) sur la technologie FTTDP (pour Fiber to the Distribution Point). Cet acronyme « barbare » recouvre un réseau d’opérateur consistant à ne pas déployer la fibre optique jusqu’au domicile des abonnés.

Avec cette technologie, contrairement au FTTH (Fiber to the Home), la fibre optique s’arrête à proximité du logement. Ensuite, on réutilise, pour les derniers décamètres, le câblage cuivre existant (paire téléphonique ou câble coaxial) pour raccorder l’abonné et lui fournir les services (télévision, téléphone,….). Un boîtier convertit les signaux entre les deux câblages.

L’intérêt est évident : diminuer les coûts de raccordement à très haut débit sur les derniers mètres desservant les clients, réputés les plus onéreux pour les opérateurs. C’est précisément l’objet de la technologie G.Fast que déploie notamment Alcatel-Lucent dans certains pays comme l’Autriche.

Le problème de la fibre optique : le raccordement final de l’abonné

« Le problème avec la fibre optique vient du raccordement final de l’abonné. C’est pourquoi on pousse la technologie Gfast qui réutilise le câble téléphonique existant pour apporter le très haut débit jusqu’au client » a expliqué tout récemment, Olivier Roussat, le PDG de Bouygues Telecom sur 01NetTV.

Consciente que l’architecture FTTDP soulève des questions, alors que les pouvoirs publics incitent au déploiement (en zone dense et très dense) de la fibre optique jusqu’au domicile des abonnés, l’Arcep a déjà réuni un groupe de travail à ce sujet.

Celui-ci a envisagé la mise en œuvre éventuelle du FttDP dans le cadre du déploiement en cours de réseaux en fibre jusqu’à l’abonné. Selon ses premières conclusions, on pourrait ainsi remédier à des difficultés ponctuelles et transitoires de réalisation du raccordement final en fibre optique.

Avec cette consultation publique, l’Arcep étend le débat à l’ensemble des acteurs concernés. L’option actuelle en faveur du câblage privilégiant le raccordement FTTH pourrait-elle remise en question ?

Source :

Synthèse des échanges sur le groupe de travail sur le FTTDP (Arcep)

Lire aussi :

Alcatel-Lucent rend le fil de cuivre aussi rapide que la fibre optique (publié le 3 juillet 2013)