Depuis vingt ans qu’il oeuvre pour l’IT dans le groupe Crédit Agricole, Olivier Biton a franchi toutes les étapes, jusqu’à devenir DSI de LCL. Sans oublier de découvrir au passage une bonne partie des facettes de l’informatique bancaire. Une façon de légitimer aujourd’hui ses actions dans la transformation des architectures, car il peut d’autant mieux les expliquer aux métiers.

Près de vingt ans qu’Olivier Biton, aujourd’hui DSI de LCL, est tombé sous le charme de l’informatique bancaire. « Je suis arrivé dans ce monde un peu par hasard, pendant mon stage de fin d’études d’une école d’ingénieurs, explique-t-il. L’ESN qui m’employait m’a envoyé sur un projet pour le Crédit Lyonnais. J’ai trouvé cette première expérience intéressante et ai accepté leur proposition d’embauche à l’issue du stage ». Il ne le regrette pas, bien au contraire. « Moi qui suis vraiment passionné de technologies informatiques, j’y ai trouvé un terrain de jeu formidable », souligne-t-il.

Le fait est que, des grands systèmes aux automates, en passant par la monétique et le temps réel, son parcours s’apparenterait presque à un compagnonnage pour explorer tous les métiers de l’informatique bancaire.
Mais Olivier Biton ne s’est pas pour autant « laissé porter ». Au contraire, il a toujours choisi des projets où il pouvait apprendre, ce qui l’a conduit à changer régulièrement – environ tous les deux ans – de technologies ou de département, tout en restant dans le même groupe. « Il n’y a que sur les moyens de paiement où je suis resté plus longtemps, se rappellet- il. Et je suis allé aussi en production, pour parfaire ma compréhension de l’ensemble de la chaîne de valeur de la DSI ».

Alors dès 2007, le Groupe Crédit Agricole lui confie des responsabilités managériales avant de le nommer DSI de LCL en 2017. Un vrai saut dans l’inconnu, même s’il a déjà occupé des postes de direction. C’est la taille du défi qui fait ici la différence : ce ne sont pas moins de 600 informaticiens en interne, et autant de prestataires extérieurs, qu’il faut apprendre à gérer.
Olivier Biton ne cache pas qu’il a dû changer le programme de ses journées. Pourtant, il continue de passer autant de temps que possible sur les problématiques techniques, en particulier les choix d’architectures. « En tant que DSI, vous devez développer une vision globale et c’est passionnant, même avec le legacy à gérer. Il faut combiner le passé, le présent et le futur, pour transformer. Mais certainement pas en utilisant les anciennes recettes, car elles nous étoufferaient », résume le DSI. Il a donc lancé un gros chantier de ré-architecture des systèmes, avec au passage la création de data-layers et d’API, structurées pour rendre un meilleur service aux clients et aux métiers. « Bien sûr que c’est possible de proposer des solutions aux métiers, assure-t-il en souriant. Mais cela ne saurait se faire en catimini, et sans explications. Nous ne devons plus être une boîte noire. Il nous faut au contraire donner du sens, assumer nos choix, et même nos erreurs… si nous voulons aussi être crédités de nos succès ».

Des succès qui passent obligatoirement, selon lui, par une écoute active des métiers, laquelle est facilitée par la géographie de LCL, qui voit sa DSI partager les mêmes locaux que ses directions « clientes ». « Pour prendre des risques dans la transformation, et c’est bien ce qu’on nous demande, il faut être pertinent, autant sur le volet technique que sur celui des besoins à servir. Il est donc légitime d’avoir un avis sur ce que font les métiers. Et de le nourrir en se maintenant dans une posture permanente d’écoute », détaille notre homme.

Une « posture » de long terme ou une étape ? Olivier Biton élude la question avec maestria : « Jusqu’à maintenant, j’ai toujours attendu d’avoir réussi mes projets avant d’envisager d’autres étapes dans ma carrière. Je ne vais pas changer maintenant, même si le projet d’aujourd’hui est d’une autre dimension ».

MINI BIO de Olivier Biton

Depuis 2017 : DSI LCL
2016 : DSI Crédit Agricole Cards & Payments
2012 à 2016 : Responsable Département études, puis Directeur des projets, puis Directeur de Business Unit Flux interbancaires, Crédit Agricole Cards & Payments
2007 à 2013 : Responsable de Projet, puis Directeur Projets ATM puis chef département Études/ Schémas/Fraudes au CEDICAM
2006-2007 : Expatriation aux États-Unis dans le cadre d’un projet de recherche en Bio Informatique à l’université de Pennsylvanie
2003-2005 : chef de projet LCL Ingénieur
Diplômé en 2002 de Polytech Paris Sud

Portrait réalisé par François Jeanne