Redditometro, le robot italien antifraudeur du fisc, qui est censé aider le gouvernement italien à récupérer une partie de ses recettes fiscales, entre en fonction lundi prochain. Ce Terminator du fisc est capable d’analyser les revenus de 35 000 foyers italiens, en recoupant les déclarations de revenu et les dépenses sur les quatre dernières années. Il déclenche automatiquement un contrôle fiscal en cas d’écart de plus de 20 %.

Cette arme du gouvernement, redouté par les Italiens, est constituée de dizaines d’ordinateurs reliés à différentes banques de données contenant les traces des transactions effectuées par les contribuables. De la baguette de pain au prêt immobilier, toutes les dépenses sont analysées. Selon le directeur adjoint au fisc, Marco di Capua, ce robot permet de « débusquer les gros fraudeurs et les faux pauvres ».

Cette version « revue et corrigée » fait suite aux polémiques de la dernière campagne électorale qui entouraient la première version de ce robot, sortie en 2010. Ce système a déjà permis de récupérer 116 millions d’euros en 2011, mais seulement 30 millions sur les 708 prévus en 2012.

Le manque à gagner pour le gouvernement italien est estimé à 120 milliards d’euros par an. Selon le centre d’études de l’organisation professionnelle Cgia, cette nouvelle version devrait pouvoir récupérer 0,7% de ce montant annuel, soit 840 millions. Cette arme fiscale fait l’objet de critique de la part de la Ligue du Nord, et particulièrement de son vice-secrétaire Matteo Salvini, qui compare ce genre de méthode à celles utilisées par les «régimes communistes et fascistes».