La crise du Covid-19 a démontré le rôle clé du numérique dans la continuité de l’activité des entreprises. Les investissements réalisés ces dernières années ont permis le basculement quasi-instantané des équipes en télétravail. Les directions des systèmes d’information ont définitivement conquis leurs lettres de noblesse.

Par Guy Leturcq, Directeur général et co-fondateur TNP Consultants

La réactivité et l’efficacité des DSI ont été remarquables. Ils ont su faire face à une situation exceptionnelle en accompagnant les collaborateurs dans de nouveaux modes d’organisation, en adaptant les infrastructures avec des connexions sécurisées et en maîtrisant la recrudescence de la cybercriminalité.

Il convient toutefois de noter que certaines entreprises ont refusé d’ouvrir leur système d’information à distance pour des raisons de sécurité. D’autres entreprises ont mis en garde leurs collaborateurs sur les risques de cyber-attaques et sur la confidentialité de leur travail vis-à-vis de leur entourage.

La correction des points de faiblesse

La crise du Covid-19 a révélé certaines failles des systèmes d’information. En effet, la plupart des anciennes applications et des infrastructures informatiques ont été conçues et dimensionées dans une logique de travail in situ. Le travail à distance a parfois mis en lumière les déficiences de certains processus, l’obsolescence de certaines technologies, des failles de sécurité… qui doivent maintenant être corrigées.

À la lumière de la crise, beaucoup de directions générales ont pris conscience de l’urgence d’accélérer la digitalisation de leur organisation et de leurs processus. En corollaire, elles ont identifié les manquements en matière de cyber-résilience auxquels des réponses doivent être apportées.  Les plans de continuité de l’activité sont généralement à revoir, la gestion des risques à repenser et les équipes informatiques à entrainer aux cyber-attaques. Les assureurs indiquent que 70 à 90% des cyber-attaques qui leur sont déclarées sont dues à des défaillances humaines. Seules 10% des organisations victimes de cyberattaques sont aptes à y faire face.

L’accent sur le « remote business »

Pendant la période du confinement, l’activité commerciale a été le plus souvent mise entre parenthèses en raison de l’arrêt d’une grande partie de l’économie. les entreprises se sont concentrées sur la gestion de leurs base de clients et contrats existants

Aujourd’hui, elles doivent repartir à la conquête et retravailler leur offre de produits et de services à l’aune post-Covid. Elles doivent s’adapter au remote business intégrant à la fois un parcours clients impeccable  et des obligations réglementaires multiples, surtout dans la banque ou l’assurance.

La réduction des coûts

Comme dans les autres directions de l’entreprise, les DSI sont invités à identifier des leviers d’économie pour dégager du cash sur l’exercice fiscal en cours. L’intensité de la crise les oblige à pousser plus loin leur remise en cause. Ils doivent travailler à court terme sur la baisse des coûts de tout ce qui est perçu comme non essentiel, variabiliser leurs coûts fixes et à moyen terme sur une transformation profonde de leur modèle avec des approches de plus en plus frugales entre des activités verticalisées par métier favorisant la proximité et le time to market et des approches transversales privilégiant la mutualisation et l’industrialisation. Le modèle Spotify n’est pas universel. …

L’accélération du recours aux cloud public sécurisés et privés est d’ores et déjà perceptible, y compris le mode SaaS pour tout ce qui s’y prête. Saluons l’inititiave européenne.

Le digital au service du « green »  

Les préoccupations autour de l’environnement, du climat et de la transition énergétique n’ont jamais été aussi présentes dans les discours des directions générales. Les entreprises ont pris conscience de leur responsabilité sociale et environnementale  et les initiatives se multiplient. Les technologies numériques vont être déterminantes dans cette transition.

L’innovation et les technologies doivent démontrer que le digital sert la cause du green, avec toutefois le paradoxe de la consommation électrique du numérique, qui s’accroît de 9 % par an et représente déjà 4 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.