Certains observateurs voient, ou aimeraient voir, s’amorcer une certaine tendance des entreprises à rapatrier en interne des workloads devenus trop onéreux dans le cloud public. Mais les deux leaders du cloud continuent d’afficher une folle croissance.

Oui, les entreprises poursuivent leurs investissements massifs dans le cloud public. C’est en substance la conclusion que l’on peut tirer des derniers résultats financiers publiés, à un jour d’intervalle, par Microsoft et par Amazon.

Microsoft a annoncé les résultats de son troisième trimestre fiscal clôturé au 31 mars. Et ils sont excellents, largement au-dessus des estimations : 30,57 milliards de dollars soit 14% d’augmentation par rapport au même trimestre de l’année précédente pour un bénéfice net de 8,81 milliards de dollars.
De son côté, Amazon a annoncé les résultats de son premier trimestre fiscal, lui aussi clôturé au 31 mars. L’entreprise de Jeff Bezos affiche un chiffre d’affaires trimestriel de 59,7 milliards de dollars (en augmentation de 16%) pour un bénéfice net de 3,6 milliards de dollars.

Or, dans les deux cas, le cloud contribue très largement à ces excellents résultats.

Microsoft ne publie pas directement les résultats de sa division Azure qui sont fondus dans ce que l’entreprise désigne sous le nom de « Intelligent Cloud ». Ce segment, qui comprend Azure, GitHub, mais aussi toute la partie serveurs (Windows Server, SQL Server, System Center) et la partie Microsoft Consulting Services, a connu une croissance de 22,2% pour atteindre les 9,65 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur le trimestre. Microsoft a précisé que ces bons résultats étaient essentiellement portés par une croissance de 73% des recettes d’Azure !

Amazon, de son côté, affiche une totale clarté sur les résultats Amazon Web Services. Le chiffre d’affaire d’AWS a ainsi augmenté de 41% pour atteindre les 7,7 milliards de dollars !
AWS représente donc 13% des recettes globales d’Amazon et 50% de ses bénéfices !

Bref, Azure comme AWS se portent à merveille. Et le cloud public continue de ressembler à une hydre à deux têtes. Mais leurs prochains résultats pourraient être grandement affectés par l’attribution du fameux contrat « JEDI » du département de la défense américain (DoD) évalué à 10 milliards de dollars ! Azure et AWS sont en effet les deux derniers prétendants encore en course après que le DoD ait récemment écarté les propositions d’IBM et d’Oracle.
Autre information pas anodine, si l’on en croit CNBC, Apple qui dépenserait 360 millions de dollars par an chez AWS pour héberger certains services iCloud serait sur le point de diviser par deux cette dépense en réintégrant une partie des services en interne.