Interrogé lors du Dell Technology Camp à Amsterdam, Marius Haas, le directeur de la division entreprise, n’a pas voulu commenter les rumeurs de sortie de Bourse de son entreprise, mais a confirmé l’engagement du fondateur de la firme.

Dell reste chez Dell. « Michael Dell, croyez-moi, est totalement dévoué à l’entreprise et n’a pas l’intention de quitter la firme qu’il a créée et qui porte son nom. » Tout en refusant de commenter les rumeurs de sortie de Bourse, Marius Haas, l’un des principaux directeurs de la firme en charge de la division entreprise, confirme l’implication totale de Michael Dell dans l’avenir de la société texane qu’il a fondée en 1984.

Lorsqu’on sait que Marius Haas, après avoir passé neuf ans chez HP, a séjourné quinze mois chez KKR, l’un des spécialistes mondiaux du LBO, le financement d’acquisition par emprunt, – sept des dix plus gros LBO sont à son actif –, la tentation de voir l’avenir de Dell passer par un LBO est forte.

La presse américaine relate que Michael Dell avait déclaré en décembre 2010 à New York, dans une réunion privée, qu’il rêvait souvent d’une sortie de Bourse pour échapper aux caprices des actionnaires.

Pour reprendre la majorité des actions, Michael Dell, qui dispose encore de 16% du capital, doit donc racheter, avec des partenaires, au moins plus d’un tiers des 23 milliards de dollars, l’actuelle valorisation boursière de la société.

Le plus gros LBO jamais réalisé

Pour réussir ce pari de 8 à 9 milliards, il devrait réaliser l’un des plus gros LBO du monde. Selon Bloomberg TV, TPG et Silverlake, deux des plus gros fonds privés (private equity) seraient sur le point de se décider.

Selon le Wall Street Journal, Microsoft serait aussi prêt à participer à hauteur de 1 à 3 milliards, mais voudrait avoir un droit de regard ensuite sur les opérations quotidiennes.

Le reste du financement serait emprunté ou alimenté directement par le trésor de guerre de Michael Dell qui, lui-même, disposait au 30 septembre de 11 milliards de dollars en cash pour intervenir sur le marché.

Une opération mal engagée

Mais pour l’analyste Georges Kesarios, un des spécialistes du Nasdaq, la sortie de Bourse de Dell, cotée depuis 1988, est mal engagée. D’une part parce que les LBO de cette taille n’ont jamais été des bonnes affaires pour les investisseurs. Les fonds TPG et Silverlake seraient donc très prudents.

Mais surtout, les rumeurs de ce type auraient dû faire monter l’action au moins à 15 dollars, ce qui n’est pas encore le cas. Car il est difficile, lorsqu’on cherche quelques milliards de dollars, de passer inaperçu. Affaire à suivre.