Selon le cabinet Arthur D.Little, la 4G ne sera pas suffisante pour permettre aux opérateurs de remonter le niveau des revenus générés par les abonnés mobiles.

Les réseaux mobiles 4G pourraient décevoir les espoirs des opérateurs européens d’augmenter leur chiffre d’affaires.

Selon le cabinet d’analyse Arthur D. Little, qui publie avec Exane BNP Paribas, la 12ème édition de son étude annuelle sur le marché des télécoms, les revenus de l’activité mobile des opérateurs européens devraient baisser de -2,6 % d’ici à 5 ans.

Rien que pour enrayer cette baisse prévue et revenir à une stablisation de ces revenus, à 0 % sur 5 ans, cette étude, axée sur les réseaux mobiles 4G, estime que le revenu moyen par abonné 4G devrait augmenter de 7 euros/mois sur 5 ans, pour l’Internet mobile.

« C’est un niveau qui nous paraît très compliqué à atteindre sur un marché concurrentiel et compte tenu des dépenses contraintes des ménages » explique Didier Lévy, directeur du secteur télécoms chez Arthur D.Little, dans le cadre d’un entretien vidéo commentant cette étude, publié sur le site de l’Arcep (régulateur des télécoms).

« Ces 7 euros mensuels de revenus s’ajouteraient, selon nos calculs, aux 10 euros/mois qui représentent déjà le revenu de l’Internet mobile dans les forfaits 3G actuels des opérateurs en Europe » ajoute t-il.

La difficulté de l’équation économique à résoudre tient compte de la pression concurrentielle qui pèse sur les prix de l’internet mobile en Europe. « Certains opérateurs, sur des marchés nationaux en Europe, ont déjà déclaré qu’ils pratiqueraient les mêmes tarifs pour leurs offres 4G, que sur leurs forfaits 3G actuels » souligne Didier Levy.

Le paradoxe de cette situation, propre à la 4G, provient du fait que les usages de l’Internet mobile sont appelés à fortement se développer à l’avenir, notamment en raison de l’explosion de la consultation de vidéos sur les mobiles.

Ces usages seront, en outre, stimulés par les qualités intrinsèques des nouveaux réseaux cellulaires 4G, bien plus performants en débit et en délai de latence, que leurs aînés en 3G.

Si la 4G risque de ne pas être suffisante pour permettre aux opérateurs de remonter le niveau des prix de leurs forfaits mobiles, cette analyse estime toutefois qu’ils ont des leviers à leur disposition, pour contrecarrer cette évolution à la baisse.

« Pour tirer partir des usages mobiles à la hausse, il existe le levier de la tarification. Aux Etats-Unis, depuis l’été 2012, les opérateurs américains dominantes, AT&T et Verizon Wireless, ont élaboré des shared data plan. Ces plans tarifaires permettent le partage d’un volume global de données mobiles entre plusieurs terminaux connectés »  explique le réprésentant du cabinet Arthur D.Little.

Source :

– le marché de la 4G, vecteur de croissance ? (Arcep)