Selon une nouvelle étude, les DSI français et européens ont enfin décidé de s’attaquer au dilemme de l’innovation dans l’ERP. Et la solution passera par le cloud, mais pas sans certaines garanties préalables…

L’ERP reste l’épine dorsale de bien des systèmes d’information. Et bien des entreprises se plaignent de consacrer beaucoup trop de temps, d’énergie, de ressource et d’argent dans sa maintenance et son support… au détriment de leur agilité et de leur capacité à innover.

Selon une étude Coleman Parkes – commanditée par Boomi et réalisée auprès de 825 responsables IT dans 12 pays de la zone EMEA – les entreprises européennes ont décidé de prendre le taureau par les cornes et de s’attaquer au « dilemme de l’innovation dans l’ERP ».
Elles seraient en passe de repenser leurs anciens ERP en orientant davantage leurs investissements vers la modernisation et l’innovation.
« Pour de nombreuses organisations, les applications héritées et les systèmes ERP ont été construits sur des décennies. Les processus qu’ils permettent sont le résultat d’investissements considérables, mais sont maintenant souvent considérés comme un méli-mélo de complexité et de systèmes hybrides mal intégrés qui freine les progrès » rappelle les rapporteurs en introduction.

Bref, les suites ERP traditionnelles seraient devenues une nécessité plutôt qu’un différenciateur stratégique. Mais les entreprises en ont pris conscience et ont désormais l’intention de changer la donne. Et cela se voit déjà très largement dans l’allocation des budgets IT.

Une modernisation qui passe par celle de l’ERP

Pendant des décennies, les organisations ont passé d’énormes proportions de leurs budgets informatiques (environ 75%) pour simplement « garder les lumières allumées », laissant très peu de temps et de budget pour la modernisation ou l’innovation. Selon l‘étude, ce n’est certainement plus vrai aujourd’hui : seuls 35 % des budgets IT des entreprises européennes (34% pour les entreprises françaises) sont consacrés au maintien des systèmes, tandis que les initiatives de modernisation et d’innovation attirent désormais la majorité du budget, à 65%.
Selon l’étude, 34% du budget IT des entreprises françaises interrogées sont désormais affectés à la modernisation et 32% à l’innovation.

Comparaison de la répartition du Budget IT en 2000 et en 2020….

Concernant l’ERP, la majorité des entreprises de la zone EMEA, 65 %, utilisent encore aujourd’hui de grands intégrateurs de systèmes pour mettre en œuvre leur système ERP. Seulement 9 % des répondants mettent en œuvre et maintiennent leur propre système ERP à l’interne.
Cependant, des changements importants sont prévus par les DSI interrogés. Lorsqu’on leur demande comment cette approche changera au fil du temps, ils sont 36% à envisager une gestion en interne mais une maintenance par un tiers. Ils sont 14% à envisager d’éventuellement implémenter et maintenir un ERP en interne, souvent en s’orientant vers une offre ERP en open source. En revanche, ils sont de moins en moins nombreux à vouloir passer par un intégrateur que ce soit simplement pour la phase d’implémentation ou pour la phase de maintenance.
Par ailleurs, 53 % des architectes interrogés en France ont décidé d’investir dans la modernisation de leurs anciens applicatifs ERP précisément en vue d’en faire des facilitateurs de la croissance stratégique, et non plus un centre de coût.

En cela, ce rapport fait écho aux revendications du Cigref exprimées en fin d’année 2019 mais aussi au succès d’entreprises qui ont fait du support alternatif aux ERP leur crédo (typiquement Rimini Street) afin d’aider les entreprises à réduire leur facture support ERP de 50%.

Un ERP dans le cloud, oui, mais…

Le rapport met aussi en évidence une autre réalité : les responsables IT ne sont près à migrer leur ERP dans le cloud que si des avantages tangibles pour leur entreprise sont démontrés.
Pour ces derniers, la justification d’une migration de leur ERP vers le cloud serait principalement motivée :
* par la garantie à la fois d’une meilleure disponibilité, de meilleures performances et d’une meilleure sécurité (pour 57% des DSI européens, 56% des DSI français),
* par une amélioration de l’agilité de la DSI (pour 53% des DSI européens, 56% des DSI français),
* par une stimulation de la croissance de l’entreprise (53% des DSI européens, 53% des DSI français),
* ou si cette migration prouve sa capacité à la fois à améliorer l’efficacité de l’entreprise, à rationaliser les processus et à améliorer la productivité (52%).
Ils ne sont ainsi que 41% des DSI européens à estimer qu’une telle migration de l’ERP vers le cloud réduirait les coûts de l’IT suffisamment pour justifier un tel passage.

Qu’est-ce qui justifie une migration de l’ERP dans le Cloud selon les DSI Européens ?

Reste que, toujours d’après cette étude, la majorité des entreprises en EMEA (68 %) mettent à présent fortement l’accent sur la migration de leurs applications dans le cloud. Cette tendance est même encore plus marquée en France avec 83 % d’entre elles consacrant déjà la plus grosse part de leur projets IT à la migration applicative vers le cloud.
L’étude rappelle par ailleurs que 42% des entreprises européennes ont déjà basculé vers une solution cloud de « Supply Chain Management », 40% ont basculé sur des solutions BI dans le cloud et 38% sur des solutions CRM dans le cloud.

L’ERP ne fera pas exception à la règle. Plutôt que de le considérer comme trop complexe pour être modernisé, les entreprises européennes adoptent aujourd’hui l’idée, d’une migration à grande échelle des applicatifs ERP vers le cloud. Certes il existe des nuances encore sensibles selon les pays. Mais la France est plutôt calquée sur la moyenne européenne. De manière générale, une majorité d’entreprises européennes (57%) pensent qu’elles auront entamé une migration à 100% dans le cloud de leur ERP dans les 12 prochains mois. Elles sont même 71% à considérer le sujet « ERP dans le cloud » comme une priorité des prochains mois.
Selon l’étude, aucune des entreprises européennes ne prévoit d’avoir des déploiements ERP « 100% on-premise » (100% sur site) dans l’année à venir, les applications ERP étant de plus en plus basées sur le Cloud.

Les déploiements d’ERP aujourd’hui et dans 12 mois.

Bref, longtemps hésitants, les DSI semblent désormais considérer la modernisation de l’ERP comme une priorité avec un avenir apparemment hébergé dans le cloud. Le principal objectif recherché reste la réorientation des investissements et des ressources vers des initiatives plus stratégiques pour la croissance de l’entreprise et vers l’innovation.
Reste qu’une telle migration ne s’improvise pas. Les entreprises vont devoir parfois vivre avec un système cloud et un système sur site. Elles auront besoin d’accompagnement et devront trouver des partenaires pour les accompagner sur les deux univers tout en réduisant les coûts notamment de maintenance et de support.

Une pub pour l’IPaaS en passant…

Commanditée par Boomi, l’étude s’évertue ensuite à démontrer les besoins des entreprises en matière d’intégration et le rôle croissant des solutions iPaaS.
Selon le rapport, le principal défi auquel sont confrontées les entreprises françaises est d’abord le manque de technologies d’intégration capables de capturer des données provenant des équipements ou sources existants (pour 57% des responsables français interrogés), suivi du coût lié à la maintenance de multiples technologies d’intégration (45%) ou encore de la pénurie de compétences adéquates en matière d’intégration (38%).
Afin d’y remédier, les entreprises de la zone EMEA se tourneraient aujourd’hui vers l’iPaaS pour répondre à des scénarios spécifiques, avec des avantages déjà identifiés : conception et adaptation d’API (23 % en moyenne), optimisation de l’activité avec des réseaux de partenaires (19 %) et synchronisation de l’ensemble des données de l’entreprise (17 %).