Orange revendique le débit 4G le plus élevé parmi tous les acteurs français. Une performance qui résulterait, selon lui, de ses ressources spectrales et de l’architecture de son réseau.

La guerre marketing est au plus haut dans la 4G. Ce matin, Orange vient de damer le pion à SFR qui avait annoncé le 27 août dernier la couverture (partielle) de Paris et ses environs. Aujourd’hui, la capitale a changé de main, l’opérateur historique mettant à disposition la 4G dans la totalité de Paris intra-muros, ainsi que dans 37 villes limitrophes.  Par ailleurs, l’opérateur a accéléré la cadence de déploiement, l’objectif de couverture à fin d’année passant de 30 % à « au moins 40 % ». « Jamais un réseau mobile n’a été déployé aussi vite en France. On a battu tous les records », s’est félicité Stéphane Richard, PDG d’Orange, à l’occasion d’une conférence de presse.

Le problème, c’est que ce message, aussi puissant qu’il puisse être, ne vaudra plus rien le 1er octobre, lorsque Bouygues Télécom activera ses antennes à fréquence 1800 Mhz, lui permettant sans doute de dépasser d’emblée la barre des 40 % de couverture. Là encore, Orange a prévu le coup. Son deuxième message marketing porte sur la performance de son réseau, censée dépasser de loin celle de ses compétiteurs. Sur son site quialameilleure4g.com, l’opérateur explique qu’il détient le réseau le plus rapide, avec un débit théorique de 150 Mbit/s contre 115 Mbit/s pour SFR et Bouygues. Pour étayer sa supériorité technologique, Orange met d’abord en avant ses ressources spectrales. « Comme toute communication mobile, la 4G est fonction de la quantité et de la qualité du spectre de fréquence qu’on utilise. Or, Orange a eu la meilleure partie du morceau [à l’occasion des enchères sur les licences 4G] », souligne Stéphane Richard.

Combinaison de spectres

Ainsi, le PDG estime que sa société a non seulement le plus gros spectre 4G disponible parmi tous les opérateurs français et toutes fréquences confondues, mais aussi la meilleure « combinaison de spectre ». « Nos deux bandes de fréquences à 800 et 2600 MHz nous permettent d’avoir une couverture optimale sur tous les types d’usage », martèle Stéphane Richard. Ainsi, la 4G à 800 MHz, dont la portée géographique est plus importante, permettra de mieux couvrir les zones faiblement denses. Elle permettra aussi, dans les zones denses, de mieux couvrir l’intérieur des bâtiments, la couverture extérieure étant assurée par la 4G à 2600 MHz. « Dans les zones denses, nous utilisons le 800 MHz en overlay, c’est-à-dire que nous avons partout des antennes 2600 MHz pour assurer le meilleur débit possible, et en complément nous déployons des antennes 800 MHz sur certains sites pour assurer la couverture à l’intérieur des bâtiments », détaille Jean-Luc Vuillemin, vice-président en charge du réseau et des services chez Orange.

Certes, mais les antennes à 1800 MHz – fréquence utilisée par Bouygues – ne permettent-elles pas d’avoir le même résultat ? « Non, les antennes 1800 MHz n’ont ni la couverture du 800 MHz – elle est quatre fois moindre – ni le débit du 2600 MHz. Et elles ne permettent pas non plus de pénétrer à l’intérieur des bâtiments. C’est donc le plus mauvais des deux mondes », estime le vice-président, un brin taquin. L’utilisation combinée du 800 MHz et du 2600 MHz s’appuie, entre autres, sur les stations de base multistandards d’Ericsson qui équipe le réseau d’Orange en Ile-de-France, ainsi que dans les régions du sud-ouest et du nord-est de la France. Autre argument technologique : le réseau fixe. « Tous nos sites sont reliés au réseau de collecte par une fibre optique à 500 Mbit/s, ce qui nous permet de proposer des débits 4G pouvant aller jusqu’à 150 Mbit/s. Chez d’autres opérateurs, certains sites ne sont reliés qu’à 40 Mbit/s, ce qui ne permettra pas de dépasser 10 ou 15 Mbit/s en utilisation », poursuit Jean-Luc Vuillemin.