Il en avait été question très tôt dans l’histoire de Numergy, c’est désormais une réalité : le fournisseur de cloud souverain va désormais devenir totalement privé. SFR, qui détenait jusque-là 47 % de son capital, va racheter les parts des deux autres actionnaires, Atos (20 %) et la Caisse des Dépôts (33 %).

Numergy était l’une des deux entreprises que l’État avait cofinancées en 2012. La deuxième, Cloudwatt, a été rachetée en janvier par Orange. Numergy a, elle, été mise en procédure de sauvegarde mi-octobre, ce qui faisait planer la menace de salaires impayés sur les collaborateurs dans les prochains mois.

La rentabilité en question

Plus que des problèmes financiers, c’est apparemment un désaccord entre SFR, Atos et l’État qui avait provoqué cette procédure. Aussi, celle-ci devrait être levée avant la fin de l’année, même si l’accord total pour l’achat de Numergy par l’opérateur reste encore soumis à certaines conditions, notamment à l’accord des représentants du personnel.

Le désengagement de l’État signe une forme de fin de cycle, marquée notamment par des revenus de Numergy moins bons qu’estimés par les pouvoirs publics. Il était attendu, à moyen terme, un chiffre d’affaires de plusieurs centaines de millions d’euros. Plus précisément, Cloudwatt visait 500 M€ de chiffre d’affaires en 2017, Numergy tablait sur 400 M€. En 2014, les deux entreprises ont comptabilisé moins de 5 M€ à elles deux… Elles ont pourtant cumulé 156 M€ d’investissements en trois ans, dont 100 M€ pour Cloudwatt.