Des Hauts-de-Seine au plateau de Saclay en passant par le Silicon Sentier parisien… ces trois périmètres sont déjà un vivier d’emplois qui continuera à se développer. Bâtis sur le principe de clusters, ces pôles d’excellence associent grandes écoles, chercheurs et industriels, à la manière de leurs précurseurs californiens.

La décentralisation, connaît pas. En dépit de l’essor, depuis le début des années 2000, des centres de services en régions, la fonction informatique reste concentrée sur Paris et sa région. Selon la dernière enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) réalisée par le réseau Pôle emploi, l’Ile-de-France captera près des deux tiers des prévisions de recrutements d’ingénieurs et cadres de l’informatique en 2009. Soit 23 792 postes à pourvoir sur les 36 719 attendus.

Sans surprise, les Hauts-de-Seine arrivent en tête de liste des bassins d’emploi les plus recruteurs. Le département profite de la dynamique de la Défense et de sa concentration de sièges sociaux des grands groupes mais aussi d’Issy-les-Moulineaux, ville vitrine de la high-tech. En deuxième position, on trouve Paris intra-muros, ses start up et ses métiers tournés vers l’innovation et les technologies web 2.0. Administrateur du pôle de compétitivité Cap Digital, Silicon Sentier regroupe ainsi une centaine d’entreprises technologiques et développe des projets collaboratifs, tels que le Quartier numérique et la Cantine.

Le plateau de Saclay, terre de R&D

Les Yvelines et l’Essonne se classent en troisième position. A cheval sur les deux départements, le plateau de Saclay est promis à un bel avenir. Estampillée future Silicon Valley à la française, cette terre de R&D hébergera un cluster scientifique de haute volée rassemblant industriels, grandes écoles et de laboratoires de recherche. Objectif : créer une zone à fort potentiel avec 40 000 emplois à la clé d’ici 2020.

A noter que ces trois bassins d’emploi sont mis en avant dans le projet gouvernemental du Grand Paris et seraient desservis par le “ grand huit ”, la rocade ferroviaire imaginée par Christian Blanc, secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale. D’ores et déjà, des échanges s’opèrent. Alors que quelque 670 employés de HP vont quitter les Hauts-de-Seine (Issy-les-Moulineaux) pour rejoindre l’Essonne (les Ulis), ceux de Microsoft France feront le chemin inverse. En bordure du périphérique, le nouvel immeuble Eos-Generali abritera non seulement le siège social du numéro un mondial du logiciel mais aussi une partie du nouveau centre européen de R&D spécialisé dans les moteurs de recherche. Issy-les-Moulineaux accueillera également les équipes de Bouygues Telecom, actuellement dispersées sur Vélizy (78) et le Plessis-Robinson (92). Enfin, après Steria et Cisco, Sogeti a aussi le fait choix la ville des Hauts-de-Seine pour son siège.

Une “ open source Valley ”

La concurrence n’existe pas seulement entre bassins franciliens mais aussi entre Paris et les capitales étrangères. Alors qu’une véritable “ open source Valley ” s’est constituée en Ile-de-France entre acteurs spécialisés et grands utilisateurs, Alexandre Zapolsky, président de la Fnill, la Fédération nationale de l’industrie du logiciel libre, et organisateur du World Open Source Forum (ex-Paris capitale du libre), déplore un manque de soutien local.

Pendant ce temps, les autres pays s’activent. Le LinuxTag de Berlin a attiré l’an dernier quelque 11 600 visiteurs contre plus de 8 400 visiteurs pour le dernier salon Solutions Linux/Open source. Le gouvernement britannique a créé, lui, une agence dédiée à l’open source directement rattachée au Premier Ministre tandis que les Pays-Bas ont publié une loi obligeant les administrations à privilégier la voie du logiciel libre et de se justifier si elles ne le font pas.

L’?e-de-France concentre deux tiers des pr?sions de recrutement en 2009

Selon les pr?sions de recrutements en ing?eurs et cadres de l’informatique hors technico-commerciaux ?blis par P?emploi, les trois r?ons en t? sont : les Hauts-de-Seine, Paris intra muros et le plateau de Saclay.