Le 5 août, Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, a annoncé le rachat du Washington Post pour 250 millions de dollars. La logique de cette acquisition pourrait inspirer une véritable révolution du business model au sein des médias.

. Celui d’Amazon est reconnu pour la grande variété de son offre et sa qualité de service irréprochable. Au fur et à mesure de votre expérience client, Amazon acquiert une telle richesse d’informations sur vos goûts et vos habitudes d’achats que le site finit par se positionner non plus comme un simple cybermarchand, mais comme un véritable intermédiaire à même de vous offrir des produits de plus en plus personnalisés et au moment où vous les souhaitez ! Le “ conseil ” délivré par le tiers de confiance est gratuit, non pas par générosité mais par pure logique, car VOUS êtes le produit ! Tout laisse à penser qu’il s’agit bien de la stratégie dans laquelle va s’engouffrer le Washington Post version Amazon. 

« Le Washington Post revu et corrigé par Amazon »

D’emblée, en annonçant un contenu en ligne gratuit, Jeff Bezos a pris le contre­pied de la tendance actuelle de la presse américaine, qui parie désormais sur les modèles de type “ paywall ” (adoptés par 50 % des quotidiens outre­Atlantique). Il poursuit ensuite la construction de son propre écosystème en le complétant d’un mass media. Dans ce jeu, les lecteurs du journal se verront proposer de nouveaux articles en accord avec leurs goûts ou leurs intérêts personnels, mais il leur sera aussi suggéré toute une gamme de produits poussés par l’écosystème Washington Post­Amazon.

Nouveau paradigme donc, car si dans cette équation, le curseur est bien placé du côté de la qualité et des lecteurs, ces derniers ne financeront pas directement le contenu. Dotés de marques souvent fortes et d’une réelle crédibilité, les groupes de médias et, plus précisément, de presse, auraient tout intérêt à réfléchir à cette voie. En se projetant comme les leaders potentiels de ces nouveaux écosystèmes proposant aux consommateurs contenus, produits et services, ils offriraient également une alter­ native à nombre d’entreprises du B2C qui risquent de découvrir trop tard les nouvelles règles du jeu joué par Amazon et la vitesse à laquelle la partie se déroule.