L’événement annuel de l’association USF des utilisateurs de SAP s’est tenu à Nantes les 9 et 10 octobre derniers. Derrière son dynamisme, la question de la bascule vers la solution cloud de l’éditeur reste en suspens pour la plupart des entreprises.

Cette édition a compté 1 521 visiteurs uniques, 75 ateliers, 92 exposants, dont Esker, TVH Consulting, T-Systems, …et SAP.
Des chiffres qui attestent de la vitalité de cette association « qui compte 3 352 membres, 75 % du CAC 40 et 66 % du SBF 120 », souligne son président, Gianmaria Perancin.

Des conférenciers talentueux ont illustré le rôle de l’IA et d’un management adapté, notamment en termes d’audace et d’optimisme.

Toujours dans le même ton, les relations entre l’association et la filiale française de l’éditeur sont jugées tout à fait cordiales. PDG de SAP France depuis 18 mois, Gérald Karsenti souligne : « Une grande partie de l’équipe de management a été renouvelée et les équipes commerciales ont changé leurs pratiques ».

Des pierres d’achoppement demeurent cependant. Un livrable commandé par l’USF auprès du cabinet Itlaw avocats et présenté à Nantes souligne, entre autres, que « en général, les contrats de licences anciens ne contiennent pas la notion d’utilisation/accès indirect » et que SAP « ne peut introduire cette notion de manière unilatérale sans l’accord de son cocontractant ».

Les nouveaux contrats « Digital Access » proposés par l’éditeur posent également question. « Avec le Digital Access, la tarification repose à la fois sur le document et sur l’utilisateur, quand nous croyons qu’il faudrait utiliser une seule de ces métriques », détaille Gianmaria Perancin. Autre point sensible, « en termes de localisation, c’est-à-dire d’adaptation aux réglementations locales, les entreprises clients continuent à porter le poids financier des dispositions, pourtant légales, que SAP ne transpose pas dans ses solutions. C’est le cas par exemple de celles de l’Anssi, de la Cnil… », regrette Gianmaria Perancin.

Au-delà de ces points, la plupart des entreprises ont du mal à identifier la valeur apportée par S/4 Hana par rapport aux solutions déjà en production, et « à monter des business cases solides », souligne le président de l’USF.
L’éditeur a bien compris le message et multiplie ses annonces autour de l’innovation. Mais sans mouvement massif de migration vers sa dernière solution, au moins pour l’instant.
Il ne communique pas d’informations sur la France, mais « nous avons compris, selon une annonce de SAP, que 11 000 clients avaient opté pour S/4 Hana au niveau mondial, dont 5 000 nouveaux. Ce qui revient à dire qu’environ 6 000 entreprises sur les 36 000 utilisatrices ont basculé à ce jour », souligne Gianmaria Perancin. Un pourcentage assez faible qui pourrait se traduire par un goulot d’étranglement au niveau des prestataires disponibles pour accompagner les migrations si la plupart des entreprises clientes font le choix de rester avec SAP. « Une partie de celles-ci peuvent se demander s’il ne serait pas mieux de garder leur ERP avec un tiers mainteneur ou de basculer sur d’autres solutions », avance Gianmaria Perancin.

Pour l’instant, selon Gerald Karsenti, « l’arrêt définitif de la maintenance de ECC 6 est toujours prévu en 2025 et cela ne va pas changer. Il faut se souvenir que nous l’avons annoncé 10 ans en avance, ce qui est tout à fait exceptionnel dans notre métier ». Une note récente de SAP pondère le propos. Elle laisse penser que l’éditeur réfléchit à une extension de la maintenance.

Un support prolongé après 2025?
La note n°1648480 diffusée par SAP le 17 septembre auprès de ses clients leur laisse encore l’espoir d’un support étendu tout en affirmant qu’aucun plan n’est défini après 2025 : « The maintenance outlook for SAP Business Suite 7 is currently to 2025. There is no decision yet on availability, timeframe and conditions of extended maintenance after 2025 ».
Traduction : « Les perspectives de maintenance de SAP Business Suite 7 sont actuellement définies jusqu’en 2025. Il n’y a pas encore de décision sur la disponibilité, le calendrier et les conditions d’une maintenance étendue au-delà de 2025 ».