Apple lance ses machines M5 Pro et M5 Max

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M5 Pro, M5 Max, MacBook Air : Apple impose son tempo et ses prix

Par Laurent Delattre, publié le 04 mars 2026

Fusion Architecture à « double die », Neural Accelerators dans chaque cœur GPU, jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée à 614 Go/s : les nouvelles puces M5 Pro et M5 Max ne sont pas un simple saut générationnel. Elles redessinent l’équilibre entre performance, efficacité énergétique et IA locale, au pire moment pour un écosystème Windows pris en étau entre pénuries de mémoire, fragmentation x86/ARM et promesses d’IA PC sans vrai cas d’usage local convaincant.

Apple avait dévoilé sa puce « M5 » en version standard en octobre dernier à l’occasion d’un rafraichissement de l’entrée de gamme du Macbook Pro 14 pouces. Désormais cette puce « M5 » vient équiper une mise à niveau du MacBook Air annoncée hier. Mais ce sont les très attendues déclinaisons M5 Pro et M5 Max qui attirent tous les regards et équipent la mise à niveau des MacBook Pro haut de gamme également annoncés hier soir.

Ces nouvelles puces redéfinissent les performances que l’on peut attendre d’un ordinateur portable et viennent une nouvelle fois jeter une ombre menaçante sur l’avenir des architectures x86 d’Intel et AMD. Les M5 Pro et M5 Max sont des SoCs (Systems On Chips) composés de deux puces M5 gravées en 3nm, intégrées dans un même package et assemblées selon une nouvelle architecture optimisée dénommée « Fusion Architecture » promettant des interconnexions à haute bande passante et faible latence (et présentant les différents cœurs CPU des deux puces comme un seul CPU multicœur, et les différents cœurs GPU comme un GPU multicœur).

M5 Pro, M5 Max, et effet de gamme

Ces nouvelles puces embarquent CPU, GPU, Neural Engine (NPU, accélérateur IA), moteur médias, contrôleur mémoire unifiée et capacités Thunderbolt 5 directement dans le SoC. Mais Apple a en réalité décliné son design en différentes variantes pour créer un effet de gamme.

Le M5 Pro est décliné en une version « allégée » dotée de 15 cœurs CPU (5 super-cœurs + 10 cœurs efficience) ainsi que 16 cœurs GPU avec une bande passante de 307 Go/s et une version « normale » dotée de 18 cœurs CPU (6 super-cœurs + 12 cœurs efficience) et de 20 cœurs GPU toujours avec une bande passante de 307 Go/s. Toutes les variantes du M5 Pro sont équipées d’un Neural Engine 16 cœurs (offrant 45 TOPS) et d’un « moteur média » simple.

Le M5 Max est lui aussi décliné en deux versions qui, par contre, reposent sur 18 cœurs CPU (6 super cores + 12 cœurs efficience) dans les deux cas. Les variations sont au niveau du GPU. La version « minimale » combine 32 cœurs GPU avec une bande passante mémoire de 460 Go/s. La version « maximale » combine 40 cœurs GPU avec une bande passante mémoire de 614 Go/s.
Les deux versions M5 Max conservent aussi le Neural Engine 16 cœurs, mais bénéficient d’un moteur média plus musclé que le M5 Pro, avec deux moteurs d’encodage vidéo et deux moteurs ProRes encode/decode.

Pour rappel, le M4 Pro plafonnait à 14 cœurs CPU et 20 cœurs GPU (avec une bande passante de 273 Go/s) et le M4 Max se limitait à 16 cœurs CPU et 40 cœurs GPU à 546 Go/s.

Apple revendique 30 % de gains en multithreading par rapport à la génération précédente et 2,5x par rapport aux M1 Pro/Max. Les performances graphiques de la M5 Max sont jusqu’à 20 % plus élevées que celles de la M4 Max et 2,2 fois plus élevées que celles de la M1 Max. Pour les apps utilisant le ray tracing, la M5 Max offre une amélioration graphique pouvant atteindre 30 % par rapport à la M4 Max.
De même, le traitement des prompts LLM en local serait 4x plus rapide que sur M4 Pro/Max et une génération d’images IA serait 8x plus rapide qu’avec les M1 Pro/Max. Des gains d’accélération en IA locale qui résulte de la combinaison du Neural Engine 16 cœurs et de la présence d’un Neural Accelerator dans chaque cœur GPU.

Mémoire : vers un gouffre concurrentiel

Les puces Apple Silicon embarquent une mémoire unifiée. Le M5 Pro dispose jusqu’à 64 Go de mémoire unifiée alors que le M5 Max monte jusqu’à 128 Go. Au passage, on notera que le SSD passe de base à 1 To sur les modèles MacBook Pro en M5 Pro et à 2 To pour les modèles en M5 Max, avec surtout dans les deux cas une vitesse de lecture de 14,5 Go/s, soit le double de la génération M4.

Des chiffres qui peuvent paraître anecdotiques mais qui masquent pourtant un avantage concurrentiel flagrant. Car le marché PC Windows est lui frappé par un « RAMageddon » : La crise mondiale de la DRAM et des puces Flash, provoquée par la réallocation massive des capacités de production vers la HBM destinée aux accélérateurs IA (Nvidia B300, GPU custom des hyperscalers), a fait exploser les prix. Selon TrendForce, les prix contractuels de la DRAM ont bondi de 90 à 95 % au premier trimestre 2026. IDC estime que les datacenters IA absorberont 70 % de la production mondiale de RAM haut de gamme cette année. Micron a purement et simplement abandonné sa marque grand public Crucial pour se concentrer sur l’approvisionnement des datacenters. Dell, Lenovo, HP, Acer et ASUS annoncent des hausses de prix de 15 à 20 % sur leurs PC.

L’ironie est cruelle : au moment précis où Microsoft pousse les « Copilot+ PC » qui exigent un minimum de 16 Go de RAM (et idéalement 32 Go pour faire tourner des SLM en local), la mémoire devient prohibitive. Selon IDC, la mémoire représente désormais environ 18 % du coût de fabrication d’un PC, soit le double de 2024. Apple, qui a sécurisé des contrats d’approvisionnement DRAM à long terme, se trouve dans une position d’avantage structurel que son architecture à mémoire unifiée rend encore plus redoutable.

Des Macbook Pro dopés

Ces nouvelles puces M5 Pro et M5 Max viennent animer la mise à niveau du haut de la gamme MacBook Pro. Les nouveaux modèles ne diffèrent pas esthétiquement des précédentes générations. Seule leur électronique interne change. Les nouveaux MacBook Pro sont déclinés en version 14 pouces (avec un choix entre M5, M5 Pro et M5 Max) et en version 16 pouces (en M5 Pro ou M5 Max) dans les deux cas avec le choix entre un écran classique ou nano-texturé (mais toujours pas d’OLED au menu).

Ces machines sont toutes équipées du coprocesseur N1 qui leur procure une connectivité Wi-Fi 7 et Bluetooth 6. Apple a également glissé quelques améliorations dans le design des machines avec notamment des modes d’isolation vocale et des microphones à large spectre pour une meilleure clarté vocale lors des appels audio et vidéo. Parallèlement, Apple a conservé la même caméra Center Stage de 12 MP avec la prise en charge de la vue Desk, les 3 ports Thunderbolt 5 (en connecteurs USB-C), un port HDMI et un emplacement pour carte SDXC. Apple promet également jusqu’à 24 heures d’autonomie sur le MacBook Pro 16 pouces avec M5 Pro (22 heures en M5 Max).

Le MacBook Pro avec M5 Pro ‘allégé’, 24 Go de RAM et 1 To de SSD démarre à 2.499 € TTC en version 14 pouces et 2.999 € TTC en version 16 pouces.
Le MacBook Pro avec M5 Max (GPU 32 cœurs), 36 Go de RAM et 2 To de SSD démarre à 4.199 € TTC en version 14 pouces et 4.499 € TTC en version 16 pouces.

MacBook Air M5 : la hausse de prix sans contestation

En parallèle des MacBook Pro, Apple annonce le MacBook Air M5, qui reprend la puce déjà introduite en octobre dernier dans le MacBook Pro 14 pouces et l’iPad Pro. Le prix d’entrée passe désormais à 1.199 € TTC, mais le stockage de base double (à 512 Go contre 256 précédemment), les vitesses SSD doublent, le Wi-Fi passe en version 7 et le Bluetooth monte en version 6. La RAM reste à 16 Go en configuration de base, configurable jusqu’à 32 Go. L’option 4 To de stockage fait son apparition pour la première fois.
Le MacBook Air est décliné en version 13 pouces et 15 pouces.

Apple en force face à un marché PC secoué

Le fait est qu’Apple lance ses nouveaux Mac alors que le marché du PC Windows est secoué non seulement par la pénurie de RAM mais aussi par une fragmentation entre les PC x86 et les PC en ARM avec des puces Snapdragon X2 Elite Xtreme (et leurs 18 cœurs CPU) éventuellement concurrentielles des M5 Pro encore loin d’être disponibles et l’arrivée toujours non officiellement annoncée de la puce N1X de Nvidia. Et Microsoft a beau faire de son « Copilot+ PC » un axe marketing majeur, leur proposition de valeur reste encore très floue avec une absence de killer app « IA » en local qui permettrait de changer la donne.

Une nouvelle réalité émerge. L’écosystème Windows va, en 2026, avoir du mal à rester compétitif face à un Apple qui contrôle ses puces, sa mémoire, son OS. Tout du moins tant que la pénurie mémoire continuera d’entraîner une inflation des tarifs…

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