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Huawei : accélérer l’IA en Europe grâce à un écosystème partenaire renforcé

Par Vincent Verhaeghe, publié le 29 octobre 2025

Lors de son évènement Huawei Connect Europe qui s’est déroulé à Madrid ce 29 octobre, l’équipementier a livré une vision claire : l’intelligence artificielle n’est pas un horizon lointain, mais une réalité en marche. Et cette réalité se construira avec les partenaires, avec une stratégie de développement ancrée sur l’écoresponsabilité.


Par Vincent Verhaeghe, envoyé spécial à Madrid


S’appuyant sur différentes études de McKinsey, Roland Berger ou encore IDC, Huawei a présenté a synthétisé l’impact de l’IA pour les prochaines années :  60 % des tâches éducatives seront réalisées par l’IA, 55 % des équipements médicaux seront opérés par l’IA, ainsi que 90 % des décisions de la supply chain et 85 % des processus industriels. « Ces chiffres ne traduisent pas seulement une révolution technologique, mais un basculement de modèle. Nous adaptons notre stratégie à ce nouveau paradigme en investissant dans trois domaines : l’innovation, les partenaires et le développement des compétences », résume Leo Chen, SVP President of enterprises Sales de Huawei lors du Huawei Connect Europe de Madrid, rappelant que la marque place son écosystème channel au cœur de sa stratégie européenne.

Huawei mise sur des pôles d’innovation dans des domaines clés comme la santé, le retail ou l’hospitality, s’appuyant sur un portfolio conséquent côté stockage et réseau, et une R&D qui est dans son ADN. Dans les Open Labs  de Paris et d’Istanbul, plus de 150 partenaires locaux co-développent déjà des cas d’usage concrets, testant la manière dont les solutions de connectivité, de stockage et d’IoT peuvent transformer la performance opérationnelle des entreprises. Ces collaborations donnent naissance à des modèles réplicables et à de nouveaux leviers de compétitivité pour les PME.

Shape 2.0 : le programme qui transforme le partenariat

Mais c’est avec le lancement du programme Partenaires Shape 2.0 que Huawei donne toute sa dimension à cette stratégie. L’évolution annoncée vise à approfondir la coopération technologique avec les intégrateurs, à simplifier les déploiements multiproduits et à soutenir l’innovation locale. « Shape 2.0 permet à nos partenaires d’élever leurs compétences, d’accéder à de nouvelles ressources et de bâtir des offres plus compétitives sur plusieurs marchés européens », a souligné Leo Chen.

Le programme, qu’on peut qualifier de très didactique, s’articule autour de quarante-huit cas d’usage couvrant huit grandes verticales ; les partenaires partiront ainsi avec des bases solides pour développer leurs propres projets. Shape 2.0 inclut des fonds de développement conjoints, des certifications multiproduits et un support étendu à plusieurs pays. L’objectif est de créer un environnement propice à la montée en puissance des partenaires. D’ici 2026, Huawei prévoit d’avoir en Europe un réseau de 50 partenaires Gold – le plus haut niveau de certification – 1000 partenaires Elite ainsi que 10 000 intégrateurs.

Former les talents pour développer les projets

En parallèle, plus de 1 700 ingénieurs issus de partenaires ont été formés et 7 600 certifications attribuées. L’ambition est de franchir le cap des 5 000 ingénieurs partenaires formés d’ici 2026. « En tant que partenaire Huawei, nous avons-nous même pu former trois ingénieurs, ce qui est énorme pour notre structure d’une douzaine de personnes » confirme Florent Gentric, directeur technique de Hosteur, un des partenaires français présents à Madrid (voir plus bas). Pour Leo Chen, cette montée en compétence est une condition de la croissance partagée. « L’innovation technologique n’a de valeur que si elle est utilisée dans les entreprises. C’est en développant les talents que nous pouvons donner à l’IA tout son potentiel. »

Croître ensemble dans l’ère de l’IA

À travers Shape 2.0, ses investissements dans la R&D locale et la formation continue, Huawei s’impose comme un acteur structurant de la transformation numérique européenne. En multipliant les passerelles entre l’innovation technologique et les besoins métiers, le groupe permet à ses partenaires de proposer des solutions plus agiles, mieux intégrées et directement exploitables par les PME. Face à l’incertitude liéée à la politique américaine, la marque chinoise s’impose de plus en plus comme une alternative crédible et les investissements qu’elle réalise en Europe ne sont pas anodins, mais pas nouveaux non plus.


Entretien avec Florent Gentric (Hosteur)

Présent lors du Huawei Connect Europe de Madrid, le partenaire Hosteur nous a accordé une interview détaillant ces relations avec Huawei et comment elles ont évolué ces derniers mois dans le contexte d’un désengagement de VMware.

Pouvez-vous nous présenter Hosteur et votre positionnement sur le marché ?
Hosteur est un hébergeur français basé à Aix-en-Provence et présent également en Suisse qui appartient désormais au groupe Evolem. Nous nous concentrons sur les PMI, PME et ETI, avec une approche hybride et souveraine du cloud. Notre philosophie repose sur la souveraineté et la réversibilité : nos clients peuvent migrer leurs services ailleurs si nécessaire, sans dépendre uniquement de nous. Nous offrons du service managé, de l’ingénierie et des solutions d’hébergement performantes, plutôt que de vendre des licences ou du cloud pur.

« La confiance avec Huawei s’est bâtie sur leur fiabilité, la performance de leurs produits et leur capacité à écouter nos besoins spécifiques », Florent Gentric, directeur technique d’Hosteur.

Pourquoi avoir choisi Huawei pour vos solutions de stockage et de virtualisation ?
Nous travaillons avec Huawei depuis 16 ans sur des briques de stockage comme Dorado et Dorado Pacific, bientôt Ocean Protect et potentiellement A600. La confiance s’est bâtie sur leur fiabilité, la performance de leurs produits et leur capacité à écouter nos besoins spécifiques. Leur solution est très flexible : par exemple, nous utilisons la même baie pour du VMware ou pour Kubernetes managé, avec un SLA identique et une multi-tenancy native, sans changer le matériel. Ce niveau d’adaptabilité et de support rapproché est ce qui nous distingue.

Vous êtes lancé dans un processus désengagement de VMware en vous rapprochant encore de Huawei. Pouvez-vous nous en parler ?
La migration vers DCS, la solution de virtualisation de Huawei, a été un apprentissage complet des outils, notamment la surcouche applicative pour la gestion des ressources. Nous avons commencé le déploiement en juin et procédons progressivement à la migration des VM internes avant d’étendre aux clients. Aujourd’hui, nous sommes à environ 80 % VMware, 20 % DCS ou Proxmox qui est une alternative un peu plus économique pour certains cas d’usages. Le choix de DCS s’explique par son support et certaines fonctionnalités avancées offrant une granularité fine pour les services aux clients. Proxmox est utilisé pour des services low-cost, sans licence, avec support interne.

Quels sont les principaux bénéfices pour vos clients et quelle est votre vision à l’international ?
Nos clients bénéficient d’un stockage performant, flexible et souverain, capable de supporter des workloads Kubernetes et des PRA cross-virtualisation. Nous garantissons des services fiables, avec un modèle économique clair et une relation directe. À l’international, nous opérons déjà en Suisse et envisageons de développer des sites en Allemagne, au Luxembourg et éventuellement en Asie, pour accompagner des clients dans leur expansion. La stratégie du groupe Evolem est de créer des champions français capables de se développer et d’innover dans le secteur du cloud souverain.

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