Le catalogue des services de cloud computing proposés par Amazon Web Services s’enrichit d’une nouvelle offre, Amazon Glacier.

Un cent américain par gigaoctet et par mois, tel est l’argument choc de la nouvelle offre de cloud computing lancée aujourd’hui par Amazon Web Service. Exploitant son architecture cloud unique, l’Américain se positionne sur le marché des solutions d’archivage dans le nuage avec l’argument du prix.

Sa nouvelle offre, Amazon Glacier, se pose comme un moyen d’archivage à long terme et sans limite destiné aux entreprises. L’offre est disponible dans tous les datacenters de l’Américain, y compris son centre de données européen (avec un tarif légèrement supérieur de 0,011 dollars par gigaoctet). La cible d’Amazon ? Remplacer les bibliothèques de bandes magnétiques mises en œuvre jusqu’à présent par les entreprises dans leurs datacenters par un service cloud. Pour la sauvegarde et l’archivage, ce mode présente un avantage décisif en termes de coût, y compris sur le long terme.

Amazon évoque des volumétries de quelques gigaoctets à plusieurs pétaoctets. Amazon Glacier se positionne clairement comme un complément à S3, le service de stockage d’Amazon. Il s’agit bien d’archivage et pas de stockage en ligne : extraire des données depuis un coffre-fort Amazon Glacier demande un délai de l’ordre de 3 heures 30 à 4 heures 30, sans engagement de performance.

Le cloud à l’heure du big data

Dès lors qu’on entre dans des volumétries de centaines de gigaoctets, voire de pétaoctets, se pose le problème du transfert des données. Il est bien entendu possible de transférer des fichiers et les charger dans des coffres-forts Amazon Glacier par réseau. A noter que, pour l’heure, les transferts entre S3 et Glacier n’ont pas été automatisés. Néanmoins, à des volumétries de ce niveau, les performances réseaux risquent de constituer un goulet d’étranglement. Pour aller au-delà, Amazon propose AWS Import/Export, c’est-à-dire l’envoi de disques durs amovibles afin de permettre aux ingénieurs de charger les données directement sur les serveurs.

Quelle valeur légale pour cet archivage ?

D’un point de vue sécurité, les échanges avec Amazon Glacier sont chiffrés par SSL, tandis que les données elles-mêmes sont encryptées par l’algorithme AES (clés de 256 bits). Si les données sont protégées, si la durabilité annuelle avancée par Amazon est de 99,999999999 %, le géant du cloud ne se revendique d’aucune des normes et recommandations en vigueur dans le monde du stockage à valeur probante, que ce soit la norme DOD 5115 du ministère de la Défense américain, les recommandations européennes Moreq 2 ou, encore moins, de la norme Afnor NF Z42-013/ISO 14641-1. Voilà qui limite dans un premier temps l’intérêt du service au stockage de données métier, aux fichiers divers, mais exclut tout ce qui est stockage de factures, documents comptables, feuilles de paies, etc. Les prestataires français spécialisés (CDC Arkhineo, Docapost…) ont encore un peu de répit avant que le rouleau compresseur Amazon n’écrase leurs marges.