Une étude Insight rappelle aux DSI à quel point leurs difficultés à optimiser les licences et la gestion du parc informatique freinent leur capacité à agir alors que la crise a mis sous pression les budgets informatiques.

Une réalité sidérante : les grandes entreprises européennes consacrent en moyenne chaque année, 14,5 millions d’euros en licences logicielles et SaaS dont 2,34 millions d’euros (M€) de plus qu’elles ne devraient si on se contente de comptabiliser les licences inutilisées. C’est l’inquiétant constat qui ressort de la dernière étude Insight auprès de 550 décideurs IT de grandes entreprises européennes.

Les coûts des ressources clouds allouées mais non utilisées, des licences logicielles achetées alors que les utilisateurs ne les exploitent pas, des supports informatiques jamais renégociés, sont un frein aux capacités de modernisation et d’investissement des entreprises.

Le problème n’est pas nouveau, loin de là. Mais après cette année de crise pandémique, alors que 95% des entreprises européennes subissent des pressions pour réduire leurs coûts IT, ces faiblesses sont de nouveau pointées du doigt et redeviennent prioritaires.

Ainsi, 91% des responsables interrogés considèrent la réduction des coûts IT comme un défi important, l’informatique étant essentielle à la résilience dans la « nouvelle normalité ».

Selon l’étude, 21% des entreprises françaises (27% en Europe) ont réduit la taille de leurs équipes informatiques depuis mars 2020. Heureusement, la réduction des effectifs n’est pas la seule mesure mise en place en 2020 : au niveau européen, 24% des entreprises ont annulé des projets à long terme, 58% ont entrepris de réduire leurs coûts de licences, 44% ont décidé de prolonger la durée d’exploitation de leurs équipements (39% en France), 34% de regrouper leurs bureaux physiques (39% en France).

L’étude met également en lumière un certain nombre de défis majeurs auxquels sont confrontées les entreprises pour optimiser leurs coûts informatiques :

– 68 % des entreprises françaises comptent de nombreux matériels et logiciels en double, car elles ont eu besoin de nouvelles technologies au début du premier confinement.

– 67 % des entreprises françaises n’arrivent pas adapter leurs licences logicielles au nombre de leurs employés.

– 72 % des entreprises françaises peinent à faire face à la recrudescence du BYOD depuis mars 2020.

Autre révélation édifiante, les achats imprévus par d’autres départements (donc sans supervision de l’IT) ajouteraient 1,23 M€ par an au coût des services Cloud.

Dans un même ordre d’idées, 55 % (60 % en France) des entreprises multiplient les contrats pour les mêmes logiciels, car ceux-ci ont été achetés par différentes divisions à différents moments.

Deux réalités qui témoignent d’un manque de visibilité et de réelle gouvernance qui permettrait d’éviter au moins en partie ces écueils.

Depuis trois ans, les différentes études du Cigref, mettent en évidence les difficultés qu’ont les entreprises à négocier avec des éditeurs avides de les voir dépenser toujours plus.

L’étude d’Insight chiffre et met en lumière le pourquoi de certaines de ces difficultés :

60% des entreprises françaises (56% au niveau européen) pensent qu’elles dépensent trop en termes de licences, mais reconnaissent ne pas disposer de données solides pour confirmer cette impression et s’atteler à la remédiation du problème.

76% des entreprises pensent qu’elles pourraient mieux négocier avec leurs fournisseurs si elles avaient de meilleures connaissances et une expertise plus pointue.

79% des entreprises françaises interrogées utilisent différentes applications offrant la même fonctionnalité, mais utilisées par des équipes différentes ou dans des contextes différents. Une multiplication des outils qui nuit aux capacités de négociation.

56% des entreprises françaises interrogées estiment nécessaire d’optimiser leurs investissements en matière de support informatique.

75% des entreprises françaises interrogées éprouvent une réelle nécessité d’optimiser leurs investissements en ressources cloud IaaS.

Retrouver de la visibilité et se doter des moyens de gouvernance sur ces sujets redevient donc une priorité pour toutes les entreprises alors que la crise pandémique aura des répercussions à long terme. Cela sera d’autant plus essentiel que, si l’on en croit l’étude, 87% des DSI français interrogés s’attendent à ce que les éditeurs de logiciels accentuent leurs audits de licences à la suite de la pandémie… Voilà qui ne devrait pas aider à détendre les relations déjà compliquées entre les DSI et les grands éditeurs de logiciels.


Source : Etude Insight « L’IT échoue-t-elle à relever le défi de l’optimisation des coûts?«