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Facturation électronique : Keyrus et Qlik transforment la contrainte en opportunité
Par Vincent Verhaeghe, publié le 24 février 2026
Avec l’entrée en vigueur de la facturation électronique obligatoire en 2026, les entreprises doivent faire face à une complexité inédite dans le traitement de leurs flux transactionnels. Keyrus, spécialiste de la data et du conseil, et Qlik, éditeur de solutions analytiques, unissent leurs forces pour aider le channel à orchestrer la donnée, sécuriser la conformité fiscale et tirer de la valeur des processus de facturation, tout en facilitant l’intégration avec les ERP existants.
Derrière les promesses de la facturation électronique se cache un véritable défi pour les entreprises : traiter et fiabiliser tous leurs flux transactionnels selon des règles très strictes. Pour les ESN et intégrateurs, c’est l’opportunité de proposer des offres et du conseil et c’est dans ce contexte que Keyrus, expert de la data, et Qlik, éditeur spécialiste des solutions analytiques, unissent leurs forces pour simplifier l’implémentation, sécuriser la conformité fiscale et aider les entreprises à tirer un bénéfice réel de leurs données.
Une loi complexe qui bouscule les habitudes
« La complexité de cette loi, c’est qu’elle ne se limite pas à la dématérialisation », explique Emmanuelle Muller-Schrapp, Associée en charge du pôle Digital Finance chez Keyrus Management, une des BU de Keyrus. « Il faut gérer tous les flux, qu’ils soient soumis ou non à la TVA, dans des formats différents selon le type de facture. On ne peut pas se contenter d’envoyer un PDF ou de scanner un document. Chaque flux doit être orienté, tracé et conforme au portail public de facturation. »
L’impact sur les entreprises est immense et elles doivent surtout éviter de naviguer à vue dans un contexte fiscal qui ne fera pas de cadeau. Elles doivent ainsi revoir leurs processus, harmoniser leurs données et interconnecter plusieurs systèmes. Malgré ou en raison de leur côté « usines à gaz », les ERP classiques ne suffisent pas toujours à répondre à cette exigence. « Sans middleware, c’est pratiquement impossible de respecter toutes les règles. Même des systèmes robustes ne couvrent pas tous les cas d’usage », insiste Emmanuelle Muller-Schrapp.

« On ne peut pas se contenter d’envoyer un PDF ou de scanner un document. Chaque flux doit être orienté, tracé et conforme au portail public de facturation », Emmanuelle Muller-Schrapp, Associée en charge du pôle Digital Finance chez Keyrus Management
Orchestrer la donnée pour éviter les erreurs
C’est là que l’alliance Keyrus-Qlik prend tout son sens. Une alliance de longue date puisque les deux entités travaillent ensemble depuis 2007, notamment via l’éditeur français Talend que Qlik a racheté en 2023, ce dernier étant référencé chez TD Synnex depuis fin 2025. Ce duo propose de centraliser et normaliser les données issues de plusieurs ERP et bases, de vérifier leur qualité et leur conformité, et de suivre les flux en temps réel pour éviter les rejets ou erreurs fiscales.
« Nous avons développé des connecteurs pour les ERP et CRM les plus utilisés comme Sage, SAP ou Salesforce et nous nous appuyons sur les API pour les solutions plus petites qui sont nombreuses sur le marché. Cela nous permet de récupérer facilement les données et de garantir que ce que l’on envoie à l’État est fiable », détaille Thomas Bié, Senior Architect Solutions chez Qlik.
Cette approche ne se limite pas à la conformité. Elle permet aussi aux entreprises de mieux comprendre et exploiter leurs données, d’anticiper les flux de trésorerie et, à terme, d’ouvrir la voie à l’intelligence artificielle.

« Nous avons développé des connecteurs pour les ERP et CRM les plus utilisés comme Sage, SAP ou Salesforce et nous nous appuyons sur les API pour les solutions plus petites qui sont nombreuses sur le marché », Thomas Bié, Senior Architect Solutions chez Qlik
Transformer la contrainte en avantage stratégique
« Une fois que les entreprises maîtrisent leurs données, elles peuvent tirer des bénéfices bien au-delà de la simple facturation », note Thomas Bié. Pour les ESN comme Keyrus, c’est une vraie opportunité de proposer des services à forte valeur ajoutée, en accompagnant les clients dans la mise en qualité de leurs processus et flux transactionnels, car toutes les entreprsies vont devoir franchir le cap, avec un calendrier qui reste progressif : septembre 2026 verra le lancement des premières factures numériques sur le B2B, tandis que 2028 correspondra à la validation des déclarations préremplies par l’État. Plus tard, le projet européen VIDA (VAT in the Digital Age ou TVA à l’ère numérique) harmonisera les flux internationaux, donnant à tous les acteurs une visibilité plus globale.
Pour les ESN et intégrateurs, cette réforme n’est pas seulement une contrainte légale, mais un vrai levier de valeur. Elle permet de transformer la donnée transactionnelle en outil stratégique, de sécuriser la conformité fiscale et de montrer qu’une obligation peut devenir une source d’innovation et de performance pour les entreprises. « Nous encourageons nos clients à documenter chaque étape et à établir une feuille de route claire. Il s’agit de rester pragmatique : commencer par l’essentiel et industrialiser progressivement », conclut Emmanuelle Muller-Schrapp.
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