À trop se focaliser sur le manque de compétences techniques, le marché a oublié que la conduite de projet IA suppose aussi des compétences managériales. Le MBA IA du Pôle Universitaire Léonard de Vinci tenter de rétablir l’équilibre avec sa première promotion qui débute en novembre.

Joachim Massias, directeur du MBA en Management de l’intelligence artificielle du Pôle Universitaire Léonard de Vinci

Pénurie, tensions… le marché du recrutement dans l’IT se porte tellement bien que les DSI n’ont pas fini de faire les beaux pour attirer ces profils hautement convoités, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle où les datascientists sont devenus de véritables divas qu’on s’arrache à coup de salaires exorbitants. Mais cette pénurie de profils techniques pourrait finalement être l’arbre qui masque la forêt, car, comme le souligne Joachim Massias, directeur du MBA en Management de l’intelligence artificielle du Pôle Universitaire Léonard de Vinci : « On manque certes d’une dizaine de milliers d’ingénieurs spécialisés en IA, mais on manque aussi de personnes dans les fonctions managériales capables de mener à bien un projet IA. Or ces compétences sont essentielles pour mettre en œuvre les projets. Parallèlement, les managers veulent absolument intégrer l’intelligence artificielle à leur planning, de peur d’être dépassés par la concurrence. Mais ils ne savent pas très bien comment l’utiliser. De fait, beaucoup de projets lancés actuellement n’ont pas réellement besoin d’IA en termes d’algorithmie ».

Une formation diplômante très complète

Résultat, beaucoup de projets échouent en cours de route, non pas à cause du manque de compétences techniques, mais parce que le projet n’a pas été correctement réfléchi, que l’utilisation de l’IA n’est pas appropriée ou encore faute de compétences managériales mener à bien un projet supposant des savoirs qui se s’arrêtent pas à l’imaginaire collectif autour de l’IA. Le MBA IA pour managers du Pôle Universitaire Léonard de Vinci est né de cette réflexion. À la tête du projet : un partenariat entre RM Conseil, agence spécialisée dans les stratégies de communication et d’influence innovantes qui organise le Forum de l’IA chaque année, et l’Institut Léonard de Vinci. Professeur et consultant spécialisé depuis 20 ans dans le domaine de l’IA, Joachim Massias a réuni un comité pédagogique pour donner naissance à une formation diplômante très complète qui comprend 930 heures de cours sur 9 mois (3 jours de cours toutes les deux semaines). Elle est découpée en trois grands sujets : appréhension des enjeux de l’IA (concepts fondamentaux, aspects juridiques et éthiques, algorithmie et data), analyse des différents types et applications d’IA dans l’entreprise (évolution des métiers et des savoirs techniques, solutions industrielles et open source, enjeux du calcul haute performance, transformation numérique et IA) et enfin intégration de l’IA en entreprise et pilotage de projets (conduite du changement, manager augmenté, communication, thèse professionnelle). Comme le laisse sous-entendre cette dernière partie, la formation comprend la soutenance d’une thèse professionnelle.
En pratique, la formation est ouverte aux salariés en activité ou en reconversion professionnelle ainsi qu’aux étudiants en poursuite d’études désirant effectuer la formation en alternance (contrat de professionnalisation). Coté pédagogie, la formation privilégie les travaux de groupes et les échanges avec le monde professionnel, qu’il s’agisse d’entreprises ou d’acteurs du marché de l’IA, la formation ayant reçu le soutien d’Accenture, DATAiA, Google, IBM, INRIA, LIMSI-CNRS, LIP6 ou encore Talan.

Une première promotion très sélective

« Notre objectif n’est pas d’en faire des datascientists, ajoute Joachim Massias, mais de leur donner les clefs pour bien comprendre les enjeux d’un projet IA ainsi que les connaissances requises pour être à l’aise et discuter avec les profils techniques ». Pour la première promotion qui vient de débuter, les responsables du MBA ont sélectionné 15 candidats, tous dirigeants ou managers dans de grands groupes ayant un projet IA à mettre en valeur dans leur thèse. « La demande a été très forte et nous avons dû refuser beaucoup de candidats, ce type de formation n’étant pas compatible avec des domaines aussi particuliers que l’IA qui nécessite de la part des enseignants une attention quasi individuelle. Les demandes émanaient de tous les secteurs, y compris au niveau de l’état pour la simple raison que tout le monde a aujourd’hui besoin de gérer des projets : l’IA est partout. On manque de managers et finalement neuf mois pour maitriser les tenants et aboutissements de ce type de technologie, ce n’est pas trop cher payer pour être en mesure de créer les applications et services qui vont faire la différence demain », souligne le directeur du MBA en Management de l’intelligence artificielle. Avant de conclure en précisant que si la formation est aussi sélective, c’est aussi parce que les professeurs capables de former sur ces sujets font également cruellement défaut sur le marché.

Pour en savoir plus sur le : MBA Spécialisé en management de l’IA