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Mickael Mina (Sage) « Le channel ne cherche plus des fonctionnalités IA, mais des gains opérationnels tangibles »

Par Frédéric Bergonzoli, publié le 17 février 2026

Avec Sage GPT et le développement d’agents IA spécialisés, Sage prépare une évolution profonde de son écosystème partenaires. Productivité, conformité réglementaire et nouveaux modèles de valeur sont au cœur d’une stratégie où le channel devient acteur de l’IA métier.


Entretien avec Mickael Mina, directeur de l’IA, Sage.


Sage GPT a été conçu pour vos propres besoins internes. Pourquoi devient-il aujourd’hui pour vous un sujet central pour le channel ?

Parce que les gains que nous avons observés en interne sont très concrets. Nous mesurons entre 20 et 30 % de productivité supplémentaire en moyenne, et jusqu’à 60 % sur certains usages liés à la facturation électronique. Nos partenaires, cabinets de conseil et intégrateurs, font face aux mêmes problématiques que nos équipes : complexité réglementaire, dispersion de l’information, pression sur les délais. Ils nous demandent donc un accès à des outils fiables, à jour et contextualisés. Sage GPT répond précisément à ce besoin, notamment là où les IA généralistes montrent leurs limites.

Allez-vous confier la commercialisation de Sage GPT à vos partenaires ?

Pas sous la forme d’un produit à revendre. Sage GPT reste avant tout un assistant conçu pour accompagner, sécuriser et accélérer les usages, d’abord en interne, puis chez nos partenaires. En revanche, il joue un rôle fondamental comme socle technologique et méthodologique. Il démontre comment structurer des agents IA fiables, spécialisés par métier, et alignés avec des enjeux réglementaires forts comme la facturation électronique.

Où se situe alors votre création de valeur pour le channel ?

Elle se situe dans les agents IA métiers. Nous avons lancé l’AI Developer Program, qui permet à nos partenaires de concevoir leurs propres agents, intégrés à nos plateformes financières, validés par Sage, puis distribués via une marketplace. Le partenaire ne se contente plus d’intégrer ou de revendre une solution : il devient concepteur d’IA métier, capable d’apporter une valeur différenciante à ses clients.

Qu’est-ce qui conditionne l’ouverture plus large de ces agents IA au channel ?

La cybersécurité et la fiabilité des réponses. Nous ne transigerons pas sur ces points. Tant que le taux d’hallucination n’est pas suffisamment maîtrisé, nous ne déploierons pas massivement ces agents auprès du channel. Nos équipes cybersécurité mènent des tests continus, et chaque étape est validée avant ouverture.

Quels bénéfices concrets les partenaires peuvent-ils attendre à moyen terme ?

Par la pédagogie et par le métier. Nous développons des playbooks par persona — expert-comptable, DAF, directeur des achats — car l’IA n’a de valeur que si elle répond à des enjeux concrets et mesurables. Le channel ne cherche plus de fonctionnalités IA, mais des gains opérationnels tangibles. C’est exactement là que nous positionnons notre stratégie.


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