AWS et Azure viennent d’annoncer coup sur coup différentes initiatives pour alimenter de nouveaux datacenters en énergie renouvelable.

Selon les résultats préliminaires de la prochaine étude GreenIT.fr à paraître en octobre, ce n’est pas dans les datacenters des entreprises que les efforts pour limiter l’impact de l’informatique sur l’environnement doivent se focaliser. La priorité doit être donnée à l’impact des postes de travail et à l’empreinte numérique des salariés ainsi qu’à l’utilisation du cloud notamment au travers de l’écoconception des applications, sites et services.

Le saviez-vous ? Rien qu’aux USA, les services de musique en ligne rejettent l’équivalent de 40.000 tonnes de CO2 dans l’air chaque année. Le minage de bitcoins engendre une empreinte carbone équivalente à celle d’une ville comme Kansas City (480 000 habitants). L’entraînement d’un seul modèle IA émet autant de CO2 que 5 voitures essence durant toute leur vie.

Certaines études, à commencer par l’étude Click Clean de Greenpeace, tendent à montrer que les grands datacenters des fournisseurs de cloud consommeront à eux seuls entre 12% et 15% de la production électrique mondiale à l’horizon 2030.

Rapport ClickClean.org sur l’énergie renouvelable consommée par les clouds (en 2017)

Depuis 2015, tous les grands clouds se sont inscrits dans une volonté d’aller vers 100% d’énergie renouvelable pour alimenter leurs datacenters. L’objectif est encore très loin d’être atteint. Les efforts ont été en priorité portés sur les datacenters d’Amérique du Nord. En la matière, Google serait largement en avance sur ses concurrents AWS et Azure si l’on en croit les données récoltées par « Clickclean.org ».

Dans sa quête du « 100% Green », Microsoft a cependant atteint les 50% de ses opérations alimentées par de l’énergie renouvelable en 2018. Et l’éditeur vient d’annoncer que les deux futurs datacenters Azure installés en Arizona sur les sites de El Mirage et Goodyear, seraient intégralement alimentés par énergie solaire (via la nouvelle ferme voltaïque de First Solar destinée à fournir de l’énergie au comté de Maricopa, qui comprend la ville de Phoenix et les deux villes d’accueil des futurs datacenters Azure).
Un accord sur 20 ans a été signé entre l’éditeur et First Solar, ce qui permet à Microsoft d’atteindre désormais les 1,5 Gigawatt d’énergie renouvelable à l’échelon mondial. En outre, ces deux datacenters n’utiliseront aucune eau pour leur refroidissement durant la moitié de l’année : tant que la température est inférieure à 30°, ces datacenters seront exclusivement refroidis par air, lorsque la température montera au-dessus, un système de refroidissement liquide novateur sera utilisé consommant seulement une fraction de la quantité d’eau utilisée par les systèmes de refroidissement par eau classiques.

Engagée dans une démarche similaire, AWS vient également d’annoncer deux nouveaux projets. Mais plutôt que de signer des accords avec des partenaires fournisseurs, le géant du cloud a décidé de construire ses propres fermes énergétiques. AWS vient en effet d’annoncer la création d’un second parc éolien en Irlande dans la région de Cork à même de générer 68 000 MWh d’énergie verte par an. Le second projet est une ferme solaire en Virginie qui produira 100 000 MWh par an.
Ces deux projets devraient entrer en opération avant la fin 2020 et sont destinés à alimenter les multiples datacenters d’AWS en Irlande (région AWS EU West) et en Virginie (région AWS US West).

L’initiative d’AWS en Irlande est particulièrement notable. Jusqu’ici les efforts des clouds se sont surtout portés sur les USA. Des efforts supplémentaires restent à faire en Europe et en Asie mais ceux-ci sont principalement freinés, si on en croit ClickClean par un manque de fournisseurs d’énergie renouvelable.