Cette start up de Conflans-Sainte-Honorine a mis au point un véhicule dédié au transport de marchandises en centre-ville. Une voiture créée en un temps record.

L’année 2008 restera un mauvais cru pour le secteur automobile. Torpillé par la crise financière, le marché s’effondre et les grands constructeurs, à court de liquidités, doivent cesser brutalement leurs projets de recherche et développement, et suspendre les commandes à leurs sous-traitants. « La situation était critique, se souvient Patrick Souhait, directeur général de Muses. Quelques PME se sont alliées et ont décidé de réagir pour ne pas se laisser mourir. »

Les idées fusent et parmi elles, celle de Luc Michel, un petit véhicule électrique 100% dédié aux livraisons en centre ville. Six associés vont rejoindre ce moustachu de la CAO et porter le projet Mooville.

Objectif numéro un : présenter le démonstrateur à Genève

Jouant sur le fait que Dassault Systèmes domine le secteur automobile, les dirigeants de la start up décident de démarcher son grand concurrent, Siemens PLM Software, dont ils vont choisir la suite NX 7et la plate-forme PLM Teamcenter. La start up exploite les possibilités des multiples modules de ce logiciel afin de créer le premier exemplaire de son véhicule, qu’elle présente lors du salon de Genève 2010, un événement incontournable pour l’industrie automobile « En juillet 2010, le premier salarié était embauché et, en février, le premier prototype pouvait prendre la route », explique Patrick Souhait. Non seulement la Mooville est présentée à Genève, mais il s’agit bien d’un véhicule roulant, équipé de quatre moteurs roue. Une grande première mondiale !

Le chassis conçu en CAO.

Luc Michel, président de Muses, donne des précisions sur les modules logiciels mis en œuvre par son équipe de six ingénieurs : « Le véhicule a été entièrement conçu en 3D évidemment, et en surfacique, ce qui nous a permis de faire toutes les pièces de carrosserie, le module tôlerie pour le châssis et également le module usinage (FAO) pour le pilotage de notre machine à commande numérique. Nous avons ainsi réaliser tous nos moules de carrosserie. Nous utilisons également le module de structure pour les calculs de résistance. »

Pendant huit  mois, l’équipe va entièrement concevoir sur la plate-forme toutes les pièces du véhicule, ainsi que les outillages nécessaires à la réalisation du prototype. « Sans notre plate-forme de CAO, il aurait été inimaginable de créer ce véhicule aussi rapidement avec une équipe aussi restreinte, ajoute Patrick Souhait. La suite de Siemens nous a permis de produire des petites séries adaptées aux besoins spécifiques de nos clients, et de gérer des configurations différentes de manière très souple, ce que les grands constructeurs ne peuvent absolument pas faire. » Ainsi, la start up a décliné son véhicule en une version longue, testée par Chronopost, et prépare une version réfrigérée, le chassis portant les batteries et les moteurs roue n’évoluant pas.

Soutenue par plusieurs business angels, Muses dispose d’un budget de 2,4 millions d’euros. La jeune pousse se prépare maintenant à un nouveau tour de table afin de financer la pré-série et de mettre en place la chaîne d’assemblage au second semestre 2012.

Le projet de véhicule électrique Mooville de Muses

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