À quelques jours du lancement officiel du Chromebook Pixel, le premier ordinateur portable conçu « made by Google », deux responsables de Google ont accepté de répondre aux questions de 01net.

Dévoilé la semaine dernière, le Chromebook Pixel sera officiellement disponible aux Etats-Unis et au Royaume-Uni dans quelques jours. Aucune date, en revanche, pour une éventuelle sortie en France. En développant son premier ordinateur portable, Google franchit une nouvelle étape dans l’univers du PC. Caesar Sengupta et Andrew Bowers, directeurs de la gestion produits au sein de la firme de Mountain View, ont répondu aux questions de 01net.

 

Jusqu’à présent, Google s’était appuyé sur des partenaires pour fabriquer ses ChromeBook (Acer, Samsung, HP…). Pourquoi produire vous-mêmes cet ordinateur ?

Caesar Sengupta – L’un de nos objectifs est de produire un appareil de référence, avec l’espoir qu’il inspire l’ensemble de l’écosystème Chrome OS. Pas seulement au niveau de nos utilisateurs, mais aussi du côté de nos partenaires. Nous espérons qu’ils reprendront certaines de nos idées pour les intégrer à la prochaine génération de Chromebook. Nous pensons par exemple que l’écran tactile va devenir une caractéristique standard.

Justement, pourquoi avoir opté pour un écran tactile ?

Andrew Bowers – Nous pensons que le tactile prend de l’importance, car de plus en plus de gens sont habitués à directement interagir avec des téléphones, des tablettes et autres écrans. L’écran rend l’utilisation du Pixel beaucoup plus intuitive et plus facile, notamment pour les défilements de textes ou encore les glisser-déposer. Nous avons constaté dans nos tests que même les personnes les plus réticentes au départ finissaient par utiliser l’écran tactile pour certaines de leurs actions.

Le ratio de l’écran (3:2) est différent de la concurrence. Pour quelles raisons ?

Andrew Bowers – Sur les trois ou quatre dernières années, les ordinateurs portables bénéficiaient d’un ratio de 16:9, essentiellement à cause de ce qu’il se fait dans l’univers de la télévision et pour des raisons industrielles. Nous voulions faire quelque chose de différent, proposer un écran spécialement conçu pour l’usage de l’Internet, sur lequel beaucoup d’actions sont verticales. Le ratio de 3:2 donne environ 18 % de hauteur supplémentaire, ce qui facilite la lecture d’un article ou la consultation des courriers électroniques.

A 1 299 dollars, quel est le public fixé par le Pixel ?

Caesar Sengupta – Il a été conçu pour les personnes qui vivent dans le cloud (l’informatique dématérialisée – NDLR) et qui souhaitent un équipement de qualité. Pour ces personnes, il n’existe pas de meilleur ordinateur aujourd’hui sur le marché. Il offre une expérience sans problème, rapide et sans problème de sécurité.

Mais l’omniprésence du cloud dans l’expérience ne constitue-t-elle pas une limite importante ?

Caesar Sengupta – L’accès hors ligne est clairement primordial pour une partie des utilisateurs. Et les Chromebook proposent beaucoup d’applications qui peuvent être utilisées sans connexion Internet, comme Gmail ou Google Docs. De nombreux services commencent à utiliser le HTML5 pour fournir une version hors ligne de leurs applications. Au-delà, le besoin de ce type d’accès se réduit. Il y a deux ans, lorsque nous avons lancé les Chromebook, on nous demandait : « Et si je suis dans un avion ? » Aujourd’hui, la majorité des vols aux Etats-Unis proposent une connexion Wi-Fi. Nous offrons d’ailleurs des accès gratuits à nos utilisateurs. Le développement de la 3G, et maintenant de la 4G, va également dans ce sens.