Entre instabilité géopolitique et manœuvres tarifaires agressives, la dépendance numérique n'est plus un débat philosophique : elle constitue désormais un risque opérationnel majeur. Si la rupture totale n’est pas réaliste, la mise en œuvre d’une trajectoire de sevrage garantissant la survie du système d'information, même en cas de déconnexion brutale ou de pression économique insoutenable, s’impose comme une priorité pour sécuriser les activités de l’entreprise.
Reléguée derrière l’efficacité opérationnelle et la recherche du « meilleur produit au meilleur prix », « la dépendance technologique est longtemps passée sous les radars », estime Sébastien Lescop, DG de Cloud Temple. « Les dirigeants n’en avaient pas conscience. Dès lors, le risque n’était même pas identifié. Contexte géopolitique oblige, cette période est définitivement révolue ». Le rachat de VMware par Broadcom a aussi rappelé une règle simple : lorsqu’une entreprise est captive, elle perd son pouvoir de négociation. À l’instabilité géopolitique et aux manœuvres tarifaires s’ajoute un troisième facteur de risque : la concentration d’infrastructures critiques entre les mains d’acteurs privés dont les décisions peuvent, du jour au lendemain, affecter l’accès à un service, une API ou un compte, avec des conséquences directes sur la continuité d’activité… et la liberté d’expression. À chacun sa résilience Selon une étude publiée en avril 2025 par le cabinet Asterès pour le compte du Ci...
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