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L’infogérance apprécie-t-elle le cloud hybride ?

Par La rédaction, publié le 07 mars 2015

Fabrice Wojciekowski, Advisor chez Devoteam Consulting

“Le système d’information de demain sera en cloud privé puis hybride”, prédit un DSI d’une grande entreprise française. Plusieurs entreprises construisent actuellement leur cloud privé et souhaiteraient le combiner à des services de cloud public. Elles lancent ainsi un ou plusieurs appels d’offres et nous constatons que les infogérants proposent d’accompagner cette transformation du système d’information.

Qu’est-ce qui motive ainsi ces entreprises à passer par ces « intermédiaires » pour construire un cloud hybride? Quelles offres proposent-ils entre infogérance, cloud privé et cloud hybride? Quelles alliances se mettent en place? Comment réagissent les autres acteurs de ce marché ?

La difficulté majeure de la mise en place de services de cloud computing concernerait la multiplicité des acteurs. Les entreprises recherchent alors un acteur capable de mettre en œuvre des solutions de cloud hybride et d’en assurer le pilotage. Or, fournissant déjà des services d’ingénierie et d’exploitation du SI, les infogérants bénéficient d’une position stratégique. Par ailleurs, ils disposent de nombreuses expertises du SI et de l’infrastructure IT, bases des technologies de cloud computing.

Les infogérants ont intégré le cloud computing dans leur offre depuis quelques années, notamment en termes de services d’infrastructure comme la virtualisation, qui n’est qu’une brique du cloud computing. Afin de s’adapter réellement au marché, ces fournisseurs proposent également une « infogérance cloud », « un cloud infogéré », c’est-à-dire une offre de cloud privé dans leurs datacenters (souvent combinée à une infogérance classique) ou ceux d’un hébergeur. On retrouve les acteurs majeurs du marché comme Atos, IBM, Accenture, Capgemini, mais également Neurones, Econocom, Linkbynet, Ikoula, ainsi que des acteurs provenant de l’Asie comme Fujitsu et Wipro.

Néanmoins, le cloud computing, c’est avant tout le cloud public. Amazon Web Services (AWS) a le sentiment que la plupart des applications du SI seront exploitées dans le cloud public ; c’est avant tout sa stratégie.

La stratégie des infogérants consiste à trouver le bon positionnement pour intégrer une offre de cloud public. Certains font le choix du partenaire privilégié. Par exemple, Capgemini a développé une offre de cloud hybride Skysight de services applicatifs et d’infrastructure basée sur les technologies cloud de Microsoft  (Azure, System Center, Office 365, Sharepoint Online…).

D’autres, pour répondre de manière plus adaptée aux entreprises, préfèrent nouer des alliances de circonstance sur un projet ou encore jouer le rôle d’influenceur auprès de l’entreprise pour identifier le(s) fournisseur(s) de cloud computing. Dans ce dernier cas, l’entreprise signe directement le contrat avec le fournisseur de cloud public.

Cette adaptation au marché des infogérants qui doit rendre captives les entreprises permet-elle réellement d’aligner les gains attendus de l’entreprise avec les avantages de la technologie de cloud computing ? Un seul prestataire peut-il y répondre ?

De toute manière, les acteurs du cloud public orientent depuis quelque temps leur offre vers le cloud hybride. Les éditeurs de logiciels CRM, RH, ERP, etc. comme SAP, Microsoft , Oracle, développent des logiciels à la demande en mode hybride qui combinent la version on premise et des modules dans le nuage. Amazon Web Services, fervent supporter du cloud public, permet à ses clients de créer un cloud privé sur leurs plateformes de cloud public en mode virtuel et isolé. Le cloud souverain Numergy propose ses services en indirect via un réseau d’une centaine de partenaires associés à une offre de cloud privé. Enfin, le fournisseur Datacenter Equinix procure des accès directs à Google, AWS et Azure.

Concrètement, de nombreuses opportunités autour du cloud hybride se présentent aux entreprises. Elles s’essaient à mettre en place un cloud hybride avec un infogérant et doivent faire face à une maturité non démontrée de ces offres. Comment alors garantir l’interopérabilité des services ? Pour quels niveaux de service? Et quelle traçabilité des données? Autant de problématiques à prendre en compte dans une approche hybride.  

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