Il ne s’imagine pas pouvoir tenir son rôle sans comprendre les besoins des utilisateurs. Quitte à aller sur le terrain pour vivre leur quotidien. Le récent exdirecteur de la transformation numérique d’Humanis en a fait une constante tout au long de son parcours, pour légitimer les stratégies d’entreprise par le concret.

Portrait de Pascal Courthial, ex-directeur du numérique et de la transformation, Humanis

« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage ». La citation de Nicolas Boileau vient rapidement à l’esprit – pour le jeu de mots – quand Pascal Courthial, récent directeur du numérique et de la transformation au sein du groupe de protection sociale Humanis, évoque son parcours. Car, si celui-ci ne lui a pas fait rencontrer « cent » métiers différents, il n’a jamais hésité à aller à la rencontre de ceux pour qui sa DSI travaillait. Quitte à enfiler le bleu de chauffe…

Et à propos des racines du métier, c’est bien d’abord comme pupitreur puis comme analyste d’exploitation qu’il a commencé sa carrière professionnelle, chez BNP. « Un travail qui avait une part manuelle, quand il fallait recharger les bandes », se souvient-il. Il devient ensuite ingénieur de production dans les SSII en vogue de l’époque, Cap Gemini (déjà !) et Cisi Télématique. La suite de ses classes l’amène du côté commercial, chez GFI informatique d’abord, puis chez EDS comme directeur commercial et responsable grands comptes.

C’est le moment choisi pour repasser le Rubicon et réintégrer une entreprise. Ce sera chez Frigo Scandia, puis chez Mory Group, le spécialiste de la logistique où il devient DSI à part entière. Sans jamais perdre de vue pour qui il travaille vraiment. « C’est une constante chez moi d’essayer de comprendre la vie des utilisateurs ».
Une attention qui va même l’amener jusqu’à suivre une formation de… cariste pour apprendre le quotidien de ceux qui conduisent les Fenwick. « J’ai aussi mon CAP banque, souligne-t-il. L’idée, c’est de s’imprégner de la culture et des contraintes des métiers de l’entreprise, pour être le plus utile possible ».

La démarche était déjà d’actualité pour un DSI au début des années 2000, lorsqu’il s’agissait de mettre en place les grands progiciels du moment sans handicaper les utilisateurs dans leurs pratiques. Elle le devient encore plus quelques années plus tard, quand le rôle du DSI s’étoffe à l’heure de la transformation numérique.

Pascal Courthial a entretemps changé une nouvelle fois d’univers et découvert celui de la protection sociale. D’abord en charge du déploiement du nouveau système de gestion de la retraite complémentaire, l’Usine Retraite pour le compte de l’Agirc Arrco. En devenant ensuite DSI de Klesia puis de prendre en octobre 2014 la DSI d’Humanis avant d’en être nommé directeur du numérique et de la transformation en 2017.

Dans son nouveau rôle, il est appelé à siéger au Comex, et cela peut sembler bien loin de la vie des caristes et autres utilisateurs finaux. « Au contraire, c’est la même chose au fond. Il faut toujours savoir et pouvoir écouter ce que les autres métiers et leurs responsables présents au Comex expriment. Non seulement pour résoudre leurs problématiques du moment, mais aussi pour se projeter et les aider à exprimer des besoins encore difficiles à traduire ».

Les récents changements à la tête du nouveau groupe Malakoff Médéric Humanis n’ont pas modifié son credo, bien au contraire et malgré leurs conséquences sur l’organisation de la DSI. « Nous faisons désormais un métier à haut risque, car il devient de plus en plus engageant. Nous travaillons étroitement avec les métiers, et faisons partie intégrante de la stratégie de l’entreprise développée par la DG. Côté face, le DSI devient alors un point d’ancrage fort de cette vision d’avenir ; Mais côté pile, cela nous rend aussi plus tributaire de la pérennité de l’équipe dirigeante ».

La mini BIO de Pascal Courthial
2014-2019 DSI puis directeur du Numérique et de la Transformation chez Humanis
2010-2014 DSI chez Klesia
2008-2010 Directeur du déploiement du programme Usine Retraite chez Aerial Group pour le compte de l’Agirc Arrco
2005-2008 DSI Mory Group puis président de Mory Ingénierie
2000-2005 DSI des systèmes d’information et de la logistique pour Frigoscandia Europe du sud
1991-2000 Ingénieur commercial puis directeur d’affaires pour GFI puis EDS. Directeur commercial de EDS Ingévision, puis directeur de comptes
1986-1991 Analyste d’exploitation puis ingénieur de production pour la BNP, puis CISI Télématique