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La ville de Metz expérimente le stationnement du futur

Par La rédaction, publié le 25 juin 2013

Plus besoin de monnaie ni de carte bancaire dans le plus grand parking souterrain de la ville. Le paiement, dématérialisé, s’effectue d’un geste.

Comme chaque samedi, un flot incessant de véhicules s’engouffre dans le parking principal de la ville de Metz. Un garage de 2 100 places pas tout à fait comme les autres. A la borne d’entrée, le conducteur passe son téléphone portable devant la borne avant de se garer. A la sortie, même rituel. A peine le mobile est-il présenté que la barrière se lève. Fini l’agaçante recherche de ticket, de carte bancaire ou de monnaie, et les interminables files d’attente aux caisses.

Lorsque, en 2010, le projet de modernisation du parking République est arrivé sur la table de Dominique Gros, le maire de Metz, son ambition avait de quoi séduire : faciliter la vie des automobilistes en leur offrant un moyen simple de paiement ; ne facturer que le temps réel de stationnement, à la minute, et non par tranches horaires ; enfin, fluidifier le trafic et augmenter la fréquentation du parking.

Première européenne. Ce chantier, dont la réalisation s’est achevée fin 2012, constituait le prolongement logique du système existant en surface depuis 2010. A Metz, les usagers règlent leurs places de stationnement dans les rues grâce à leur téléphone mobile. “ Trois mille places sont équipées. Fin 2012, nous comptions plus de 1 300 abonnés, indique Olivier Payraudeau, adjoint chargé de quartier et responsable des nouvelles technologies de l’information et des communications. D’où l’idée d’étendre ce dispositif au parking principal de la ville. ” Une première européenne, puisque Metz est à ce jour la seule ville à proposer le règlement en voirie et en parking souterrain avec un abonnement unique. Logiquement, le maire a fait appel aux prestataires qui avaient conçu le système mis en place dans les rues : Urbis Park, exploitant de plusieurs parkings de la ville, et Mobile City, société allemande spécialisée dans les applications de paiement sur mobile. Mais voirie et parc souterrain représentent des environnements bien différents.

Dans les rues, pour payer sa place, l’abonné compose un numéro de téléphone gratuit indiqué sur l’horodateur. Ce procédé était impossible à reproduire dans une enceinte de béton armé où les portables captent mal. La technologie sans contact NFC (Communication en champ proche), qui ne nécessite pas de connexion au réseau, s’est alors révélée la mieux adaptée. Entre la mise en œuvre des lecteurs, le développement informatique, la fabrication de la puce et les prestations du service en ligne, Urbismobile.com, le coût global du projet a atteint 100 000 euros. Les automobilistes s’abonnent gratuitement sur le site et créent un compte prépayé.

Puce collante. Ils récupèrent alors une puce sans contact à l’accueil du parking, qu’ils collent sur leur téléphone portable ? ou sur un autre support. Les conducteurs présentent leur mobile à l’une des cinq bornes en entrée et huit en sortie, toutes équipées du lecteur Urbis mobile. Le montant s’affiche sur la borne de sortie, et un SMS de confirmation est adressé à l’automobiliste. De chez lui, l’usager a la possibilité de consulter son compte à distance et de télécharger des justificatifs au format PDF.

En un mois, le système implanté dans le parking a généré 150 nouveaux comptes clients et débouché sur plus de 400 transactions. L’été prochain, trois autres parcs de la ville seront équipés. En France, seul Vinci offre une solution comparable aux abonnés à son service Liber-t dans 200 parkings. Il reste donc quelques dizaines de milliers de places de stationnement à faire basculer dans le XXIe siècle…

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