Située à l’ombre de la bibliothèque François Mitterrand, cette zone du 13ème arrondissement permettrait de créer des synergies entre milieu entrepreneurial et milieu universitaire.

La partie serait-elle jouée d’avance ?  En décembre, le gouvernement a annoncé vouloir créer à Paris un quartier numérique qui rassemblera un grand nombre d’acteurs du numérique : start-up, labos, instituts, etc. La ministre déléguée à l’économie numérique Fleur Pellerin, qui veut bien faire les choses, a même lancé une consultation publique, afin de récolter les avis, entre autres, sur le lieu d’implantation de cette mini-Silicon Valley parisienne, qui s’inspire de la fameuse Tech City située dans l’est londonien.

Extension éventuelle vers Ivry

Or, il s’avère que dans les administrations, les réflexions sont déjà assez avancées. A l’occasion d’une conférence de presse sur le très haut débit, Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris chargé de l’innovation, de la recherche et des universités, indique que ce quartier numérique sera probablement installée dans le 13ème arrondissement, à l’ombre de le bibliothèque François Mitterand. « Aujourd’hui, nous travaillons sur l’idée d’une implantation plutôt sur la ZAC Rive Gauche, ce nouveau quartier latin qui va de la bibliothèque François Mitterrand au boulevard Masséna. Et peut-être même au-delà. Nous allons discuter avec la ville d’Ivry pour voir si ce quartier numérique ne pourrait pas enjamber le périphérique », explique M. Missika, qui rappelle qu’il ne s’agit là que d’une hypothèse parmi d’autres et que la décision finale reviendra au gouvernement. Une autre piste pourrait être une implantation au niveau de la porte de Montreuil.

Néanmoins, une implantation au niveau de la ZAC Rive Gauche permettrait de profiter de la proximité avec le milieu scientifique. En effet, dans cette zone se trouve le Campus Rive Gauche, un complexe académique d’une dizaine de bâtiments occupés principalement par l’Université Paris Diderot (Paris 7), avec à la clé nombre de laboratoires et d’instituts de recherches scientifiques. « Paris 7 et Paris 6, qui n’est pas très loin, sont les deux grandes universités scientifiques parisiennes. Ce qui aurait l’avantage de créer des synergies entre le monde universitaire et le monde numérique », précise Jean-Louis Missika.

Un projet avant tout symbolique

Interrogé sur l’utilité réelle d’un tel quartier numérique, l’adjoint chargé de l’innovation ne cache pas que, pour lui, cette nouvelle infrastructure aura une portée surtout « symbolique », avec le but de donner une « visibilité internationale ». Le regroupement physique d’un grand nombre d’acteurs dans un même endroit n’est pas, selon lui, d’une première nécessité. « Paris est une ville très dense, beaucoup plus dense que Londres ou Berlin. On peut se permettre d’avoir des installations dispersées sur le territoire urbain, car elles ne sont jamais qu’à quelques dizaines de minutes l’une de l’autre en métro », ajoute-t-il.  Dans une présentation vidéo du projet gouvernemental, Fleur Pellerin avait, au contraire, estimé que les acteurs de l’innovation numérique étaient « actuellement dispersés » dans Paris, et qu’il fallait donc ajouter une proximité physique entre eux.  

A ce jour, Paris compte environ 25 incubateurs, dont le plus important est Paris Nord Express (8 300 m²) dans le 18ème arrondissement. En 2014, un incubateur encore plus grand devrait ouvrir ses portes, en lieu et place des anciens entrepôts Mac Donald du 18ème arrondissement. Il devrait totaliser près de 16 000 m² disponible pour les start-up. Avant la fin de son mandat, le maire de Paris et son adjoint veulent atteindre les 100 000 m² alloués aux incubateurs parisiens. « En l’espace d’une mandature, nous aurons créés l’équivalent de deux Tech City londoniennes », se félicite Jean-Louis Missika, visiblement piqué un peu au vif.