« L’utilisateur impose peu à peu ses outils personnels »

Editeurs, les entreprises boudent vos solutions de communication professionnelles ! Le catalogue est pourtant complet : e-mail et téléphonie, évidemment, mais aussi visioconférence, messagerie instantanée, réseau social, partage de documents. Mais rien n’y fait. Les arguments ont beau être affûtés, à l’image de ceux d’Aastra qui explique que « la capacité d’une entreprise à communiquer et à collaborer efficacement devient un élément différenciateur et un facteur clé de compétitivité », les entreprises n’ont d’yeux que pour l’e-mail. C’est du moins ce que révèle une étude du cabinet Scholè Marketing.

Les autres modes de communication en deviennent presque marginaux, tombant à moins de 20 % d’usage. En dehors de la messagerie, point de salut. Les directions pointent du doigt le coût, le manque de visibilité sur les gains immédiats, mais aussi la complexité de ces outils. Pire, quand les collaborateurs « collaborent efficacement », en recourant à la visioconférence, par exemple, ils n’utilisent pas les produits commerciaux classiques, Lync de Microsoft, Sametime d’IBM, Openscape de Siemens ou Shoretel. Selon iPass, 69 % des employés choisissent Skype. Cisco suit (36 %), talonné par… Facetime d’Apple.

Prôner une parfaite intégration et la sécurité des communications sensibilise le DSI, mais laisse de marbre l’utilisateur. Ce dernier impose peu à peu ses outils personnels au sein de l’entreprise. Il les maîtrise déjà et ne se soucie guère des risques que cela implique. Il est en outre peu enclin à se former à d’autres systèmes, qui feront peu ou prou la même chose. Et que penser de cette fameuse « efficacité » tant vantée par les fournisseurs ?

Il faut savoir que la quinzaine d’éditeurs spécialisés ne sont généralement pas interopérables. Comment, dans ces conditions, deux entreprises n’ayant pas les mêmes outils échangent-elles ? En utilisant l’e-mail ou le téléphone…