Une nouvelle étude IDC lève le voile sur l’organisation du travail après la pandémie. Un retour à une nouvelle normalité pas si nouvelle mais néanmoins différente…

Le retour au travail… Les entreprises s’y préparent progressivement alors que les vaccins font reculer la pandémie et permettent dans certains pays un retour à une certaine normalité. Aux USA, des géants comme Amazon, Microsoft ou Google ont ainsi annoncé une réouverture de leurs campus et un retour par phases de leurs employés qui s’étendra de mai jusqu’à la fin d’année.

Mais bien des entreprises vont devoir adapter les conditions de travail aux nouvelles attentes des salariés. Une réalité qui implique de mettre en place une meilleure expérience « employés ». Ainsi, selon la nouvelle Digital Worlplace Insights réalisée par IDC pour Unisys, 64% des chefs d’entreprise européens déclarent que leur principal objectif est de créer une meilleure expérience employé globale.
Voilà qui explique en grande partie le succès des nouvelles plateformes de gestion de l’ « expérience employés » (EX) qui permettent aux RH de gérer le parcours de l’employé et sa vie au sein de l’entreprise (un peu comme les entreprises cherchent aujourd’hui à gérer l’expérience client). Le marché de ces plateformes pèserait plus de 300 milliards de dollars. On comprend pourquoi Microsoft (avec Viva) et Oracle (avec Journeys) se sont empressées de finaliser leurs nouvelles plateformes EX avant le retour des collaborateurs dans les entreprises et pourquoi elles investissent lourdement sur ce marché.

Ainsi, 66 % des organisations prévoient d’adopter un modèle opérationnel différent de celui qu’elles avaient avant la pandémie de la COVID-19.
61% des responsables européens affirment que ces nouveaux modèles sont destinés à assurer la sécurité des employés alors qu’ils sont 47% à considérer ces nouveaux modèles comme essentiels afin d’obtenir une meilleure productivité.

Sans surprise, l’étude montre toutefois un décalage assez évident entre responsables d’entreprises et salariés sur ce à quoi devra ressembler la nouvelle normalité du travail. Si 66% des employés européens considèrent qu’un lieu et des horaires de travail propices à la vie de famille sont importants, ils ne sont que 49% des chefs d’entreprises à penser de même.
Il reste encore du chemin à parcourir pour imposer la flexibilité du travail (notamment en termes d’horaires) et un fonctionnement hybride dans les entreprises européennes. Ce qui explique en grande partie l’écart important entre 51% des employés européens qui déclarent que la responsabilisation des équipes et des individus est cruciale, alors que seulement 31% des chefs d’entreprises européens en pensent autant. Cet écart est nettement plus faible en Amérique du Nord (64% des employés et 51% des entreprises).

De même pour 38 % des chefs d’entreprise, les barrières de communication et de collaboration avec les autres membres de l’équipe sont une source de préoccupation. Seuls 24 % des salariés sont de cet avis.
Après un an de pandémie, les perceptions des uns et des autres autour du télétravail ont bougé mais pas forcément autant qu’on pourrait le croire. 38% des responsables européens s’inquiètent encore du manque de contrôle et de visibilité de la direction lié au télétravail (contre seulement 7% des collaborateurs) et 41% des chefs d’entreprise considèrent toujours comme un défi l’utilisation des technologies de télétravail !

Même si toutes les études montrent qu’une majorité de collaborateurs aspirent à un retour au travail (partiel) après autant de mois de confinement et de télétravail, l’étude d’IDC confirme que les employés sont beaucoup plus positifs que les responsables d’entreprise à l’égard du nouveau modèle qu’est le télétravail, 33% ne voyant aucun ou peu d’obstacles notables à sa mise en pratique.
Pourtant, malgré leurs inquiétudes, 66% des chefs d’entreprise de la région EMEA affirment que le télétravail est tout aussi productif – voire plus – que le travail sur le site de l’entreprise ! On notera cependant qu’à l’échelon mondial, ils sont en moyenne 79% à penser de même, l’Europe est donc toujours bien à la traine en la matière.

« À travers le monde, près de 40 % des employés ont été contraints de passer à des modes de télétravail presque du jour au lendemain, tandis que les 60 % restants ont continué à s’adapter et à trouver de nouvelles façons plus sûres de faire leur travail rappelle Holly Muscolino, vice-présidente de la recherche, stratégies de contenu et avenir du travail chez IDC. Nous savons maintenant que, pour la plupart, il n’y aura pas de retour aux modèles opérationnels de 2019. Les employés à distance continueront de représenter près d’un quart de l’effectif mondial, avec toutefois une certaine variabilité selon les secteurs. Les employés hybrides – à distance, sur site, sur le terrain et en transition entre différents lieux – sont là pour rester, et les changements temporaires que les organisations ont mis en place au cours de 2020 doivent devenir permanents à l’avenir. »


Source : Insights to a Digital Workplace Model | Unisys
Et son infographie.