Probablement pas très convaincu par les récentes annonces du gouvernement et son plan d’aide très centré sur les start-up de la French Tech, le Syntec Numérique repart au combat en se revêtant une nouvelle fois de son plus beau déguisement de Calimero.

Alors que le numérique ne fait clairement pas partie des secteurs mis les plus en danger par la crise liée au Covid-19, le Syntec Numérique réitère, dans la foulée de son « Pacte pour le Numérique », sa demande au gouvernement pour un investissement massif dans le numérique.

Selon le Syntec, 1 chef d’entreprise sur 2 fait face à des demandes de renégociations tarifaires de la part de ses clients.

Dans un même ordre d’idées, 80% des chefs d’entreprise interrogés dans le baromètre Syntec Numérique anticipent une baisse moyenne de 20% de leur chiffre d’affaires prévisionnel sur le deuxième trimestre 2020. Cette estimation s’explique notamment par la baisse des prévisions de prise de commande d’avril à juin 2020 qui concerne 96% des répondants.

Dans une lettre ouverte co-signée par Tech In France, France Fintech et l’Alliance Industrie du Futur, le Syntec Numérique appelle à l’investissement massif des pouvoirs publics dans les technologies et l’industrie du futur (internet industriel, IA, 5G, robotisation…). Des grands travaux qui, selon le syndicat du numérique, relèvent de la commande publique.

Dans le plan de soutien public conjoncturel pour les entreprises technologiques, annoncé le 5 juin, le gouvernement a préféré centrer les efforts financiers sur les start-up et sur la formation. A priori, il considère, non sans raisons, que les entreprises du numérique ont bénéficié comme les autres des PGE et autres aides, et que celles qui sont en péril l’étaient déjà bien avant la crise.
D’ailleurs, selon Charles Huot, Président de Cap Digital, premier collectif d’innovateurs du numérique d’Europe, « si la situation reste évidemment exceptionnelle, on relève plusieurs signaux encourageants avec le second baromètre établi par notre collectif. Les dispositifs de soutien proposés par la puissance publique ont bien répondu aux besoins des start-up et PME innovantes, qui ont réussi pour une grande majorité d’entre-elles à stabiliser leur chiffre d’affaire et à pérenniser leur capacité de trésorerie. Autre bonne nouvelle : l’impact de la crise sur l’évolution de l’emploi semble faible pour les entreprises innovantes de notre collectif. Seules 15% d’entre-elles prévoient une baisse de leurs effectifs et 26% envisagent même de recruter dans les trois prochains mois ! »

Un ton qui tranche avec celui beaucoup plus pessimiste, voire « larmoyant », du Syntec Numérique. Reste que la demande de ce dernier n’est pas, non plus, dénuée de raison. La France est toujours en retard par rapport à ses principaux partenaires européens en matière de numérique, en occupant la 15ème place sur 28 du classement européen DESI 2020 sur la compétitivité numérique. Une véritable préoccupation, c’est certain… Mais les urgences du moment sont probablement à la transformation numérique des secteurs gravement touchés comme le tourisme, les transports, le cinéma, et d’autres, transformation qui ne pourra se faire sans l’aide constructive des acteurs du numérique.