Très en retard il y a dix ans, la France se met enfin significativement au télétravail comme le dévoilent différentes enquêtes publiées récemment.

Il y a dix ans, seulement 8% des salariés français pratiquaient le télétravail plus de 8 heures par mois, contre 32% en Finlande, 30% en Belgique, 27% en Suède. Un score français très en dessous d’une moyenne européenne évaluée à 20%.

Selon une étude du cabinet Michael Page, 38% des salariés français déclarent en 2018 avoir la possibilité de travailler de chez eux. Une augmentation de 11% en un an qui démontre que, petit à petit, la France rattrape son retard en la matière. Un bon résultat qui ne doit pas masquer une autre réalité dévoilée par l’étude : 64% des salariés qui n’ont pas encore accès au télétravail souhaiteraient pouvoir en bénéficier ! Une étude Mazars/Opinion Way sur les jeunes générations révélait d’ailleurs que la génération Y se montrait plus intéressée par le télétravail que la génération Z : 69% des Y contre « seulement » 59% des Z (qui se montrent plus tentés par les espaces de co-working).

Il y a quelques semaines, une étude Malakoff Médéric Humanis présentait des résultats un peu moins optimistes tout en confirmant une indéniable progression. Leur étude révélait que 29% des salariés français déclaraient télétravailler en 2018 (une progression de 4% en un an). Selon cette étude, le télétravail en France reste d’ailleurs globalement ponctuel avec une moyenne de 7 jours télétravaillés par mois. Ce qui d’ailleurs correspond assez bien aux attentes puisque la durée idéale, telle que tous les salariés la perçoivent, est en moyenne de 6,7 jours par mois.

Selon Malakoff Médéric Humanis, le télétravail contribue activement à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle (pour 85% des salariés). Et cela s’en ressent sur la qualité du travail. Plus de 90% des dirigeants estiment que le télétravail contribue non seulement à une meilleure qualité de vie professionnelle mais également à une plus grande autonomie et responsabilisation des salariés. Il en résulterait un engagement accru des salariés (pour 79% des dirigeants) et une diminution de leur fatigue (pour 78% des dirigeants).

Autre signe que la France est en passe de rattraper son retard et que les mentalités évoluent, ils sont 69% des dirigeants à estimer que le télétravail améliore leur image d’employeur et 64% à considérer qu’il est une excellente opportunité pour renouveler les pratiques managériales. Le Gartner indiquait récemment que d’ici à 2020, les entreprises adoptant une culture du libre choix des conditions de travail « augmenteraient leur taux de rétention des salariés de plus de 10% », un atout non négligeable notamment de l’univers des développeurs que les entreprises ont aujourd’hui beaucoup de mal à conserver.

Évidemment, le télétravail doit aussi être managé (or seuls 31% des managers de télétravailleurs ont bénéficié d’un accompagnement et d’une formation spécifique) et soulève ses propres problématiques. L’étude Malakoff Médéric Humanis met deux travers en évidence : la surcharge de travail (considérée comme un risque par 47% des salariés qui télétravaillent) et le risque d’addiction au travail (perçu comme un risque pour 51% des télétravailleurs).
Si, à l’ère du cloud, les outils de collaboration à distance se sont largement enrichis et démocratisés, ke télétravail soulève également des problématiques d’outillage des services RH ainsi qu’une prise en compte des problèmes spécifiques de cybersécurité qui en découlent.

Sources :
Malakoff Médéric Humanis : Où en est le télétravail en France ?
Mazars : Future of Work
Page Personnel : Etudes & Baromètres Michael Page