La digitalisation des entreprises s’est encore fortement accélérée en 2021 selon la 2ème édition de l’étude de l’Observatoire du Digital Flow, réalisée par Inetum en collaboration avec l’Institut CSA. Désormais celle-ci doit centrer ses efforts sur le collaborateur, le client et… le climat.

98% des dirigeants d’ETI et grandes entreprises mais surtout 71% des collaborateurs sont convaincus de l’impact majeur du digital sur l’activité de leur entreprise. L’intérêt premier de la seconde étude de l’Observatoire de Digital Flow – menée par l’Institut CSA et Inetum – n’est pas dans le constat que le digital prend une place centrale dans le quotidien des dirigeants et de leurs collaborateurs. Mais bien plus dans le croisement entre le regard porté sur le digital par les dirigeants d’un côté et les collaborateurs de l’autre.

L’impact de la digitalisation sur l’activité des entreprises émerge également comme une notion dominante. Au sein des « actifs occupés » (autrement dit des collaborateurs), 80% des cadres ont conscience de cet impact (42% se disent fortement impactés), alors que pour les ouvriers, il s’agit d’une plus petite majorité (60%, dont 21% fortement). D’une manière générale, cette prise de conscience de l’impact du numérique progresse de 8% par rapport à l’an dernier.

Une croissance d’autant plus marquée que les freins à la digitalisation se stabilisent voire diminuent. Ainsi le principal frein, celui des coûts liés aux projets de digitalisation, n’est identifié comme tel que par 43% des dirigeants. Les deux autres principaux freins, « la réticence des salariés » (29%) et « le manque d’accompagnement des salariés dans l’usage » (14%) sont en net recul.

Plus de 80% des entreprises ont ainsi mis en place des plans de digitalisation, dont 100% des entreprises de plus de 250 salariés, avec comme premier objectif, le fait de pouvoir s’adapter aux évolutions de son marché (35% l’ont fait pour répondre aux nouveaux besoins de leurs clients). Un bémol toutefois, lorsqu’on se focalise plus spécifiquement sur les enjeux de la donnée, seulement 72% des dirigeants perçoivent ce que recouvre précisément la valorisation de la data et seulement 28% déclarent avoir mis en place ce type de projet.

« Mieux répondre aux attentes des clients » reste le bénéfice n°1 de la digitalisation, identifié par les dirigeants d’entreprise (à 78%), et le bénéfice n°2 pour les collaborateurs (avec 67%).

Le digital est perçu comme un levier Business par les dirigeants (pour optimiser la relation client, mieux communiquer, et gérer plus efficacement logistique et chaîne de production) et comme un levier de performance individuelle et collective par les actifs (pour gagner en autonomie, améliorer les conditions de travail, favoriser la collaboration). Ainsi, d’une manière générale, l’étude montre que les avis face à la digitalisation tendent à converger entre les dirigeants et leurs collaborateurs. D’ailleurs, par rapport à 2020, le partage de la vision et des enjeux pour favoriser la transition numérique des organisations semble être définitivement acquis selon des chefs d’entreprise puisque cette réponse est en recul de 15 points (54% en 2021 contre 69% en 2020).

Puisque le partage de la vision et des enjeux est aujourd’hui acquis, les dirigeants estiment désormais que pour favoriser la digitalisation des entreprises, il faut d’abord l’adapter aux besoins des collaborateurs (81%) et l’adapter aux besoins de l’entreprise (79%).

Mais les résultats les plus intéressants de l’étude portent sur les liens intrinsèques entre transition numérique et transition écologique durable. Ces liens sont une réalité pour près de 50% des dirigeants. En effet, 1 dirigeant sur 2 déclare qu’il a pu réduire l’empreinte environnementale de son entreprise grâce au développement des nouvelles technologies et au digital. Tout aussi révélateur des courants de pensée actuels, 68% des collaborateurs considèrent que le digital rend l’entreprise plus responsable.

Collaborateurs et dirigeants sont majoritairement d’accord pour dire que les domaines où la digitalisation et le développement des nouvelles technologies ont permis de réduire l’empreinte environnementale des entreprises et de leurs activités sont :
1/ l’organisation de travail (69% des dirigeants, 57% des actifs occupés),
2/ les produits et services proposés (59%, 57%),
3/ la consommation d’énergie de manière générale (55%, 56%). Sur cette question, le secteur de l’industrie s’accorde à 75% pour dire que le digital a déjà permis de réduire leur consommation d’énergie.

L’étude insiste sur le fait que de nombreux progrès doivent encore être réalisés mais que pour se concrétiser, les dirigeants devront être plus et mieux accompagnés pour comprendre, appréhender et codévelopper des solutions adaptées pour faire le lien entre la transition écologique de leur entreprise et le digital. Parallèlement, selon les rapporteurs, « la sensibilisation et la formation des salariés à ces enjeux apparaissent comme un levier fort pour développer une conscience collective des usages digitaux responsables et favoriser les nouveaux comportements ».