Récemment sondés, les adhérents du Comité Richelieu ont exprimés leurs craintes sur l’évolution des pratiques de l’organisme public de soutien à l’innovation et à la croissance des PME.

Entre la baisse des budgets pour l’innovation alloués par le gouvernement à Oséo, la fusion de ses trois métiers d’origine et l’augmentation des prêts à taux zéro, les pratiques actuelles de l’organisme public correspondent-elle encore aux attentes des PME innovantes ? C’est pour répondre à cette question que le Comité Richelieu a sondé ses 389 adhérents. Sans remettre en question l’engagement des agents Oséo, l’enquête de l’association a révélé trois grandes craintes chez les PME.

La première concerne la baisse des subventions et des avances remboursables au profit des prêts à taux zéro, alors que 84 % des PME interrogées considèrent l’avance remboursable comme plus efficace qu’un tel prêt. Une tendance confirmée par l’évolution des budgets confiés à Oséo : en effet, les aides à l’innovation passeront de 429 millions d’euros en 2010 à 360 millions d’euros en 2011, alors que les budgets alloués aux projets collaboratifs, ou structurants, passeront de 221 millions à 390 millions d’euros sur cette même période.

A cet égard, le Comité Richelieu estime que la subvention et l’avance remboursable, qui financent les innovations actuelles, restent les meilleurs outils à la disposition du fonds de soutien pour que chaque PME puissent participer aux projets structurants de demain : « Alors que le développement des prêts à taux zéro, bien qu’efficaces financièrement, se confirme, il s’agit notamment de ne pas amputer les budgets des avances remboursables et des subventions au profit de ces prêts. »

Une rencontre qui ne lève pas les inquiétudes

Deuxième raison d’inquiétude : la concentration des aides de l’écosystème de l’innovation aux phases amont du cycle de vente des produits, alors que les PME attendent une orientation des aides vers des phases plus en aval de la R&D. Mais, lors d’une rencontre organisée le 8 mars dernier entre les patrons de PME et Jean-Marc Durand, directeur du développement d’Oséo, ce dernier a indiqué que « dans son fonctionnement actuel, Oséo ne peut malheureusement pas proposer ce type d’accompagnement ». C’est pourquoi le Comité Richelieu souhaite à court terme demander au gouvernement de refinancer et d’assurer le développement des contrats participatifs.

Enfin, la dernière appréhension concerne la frustration des entreprises face à l’aide internationale, alors que « 73 % des PME interrogées jugent que le soutien pour les aides aux programmes européens et l’accompagnement à l’international des PME innovantes n’est pas performant ». Face au trop grand nombre d’acteurs gouvernementaux et régionaux, le Comité Richelieu souhaite que le gouvernement clarifie et rationalise les missions confiées à la Coface, Ubifrance et Oséo afin que chacun conserve sa compétence et sa spécificité.

Lors de cette rencontre du 8 mars, le Comité Richelieu a égalementi insisté sur la nécessité d’affranchir les aides à l’innovation du seul plafond des fonds propres, de développer les programmes passerelles pour l’industrialisation des produits et le développement à l’international, et de suivre les PME aidées pour avoir un retour concret d’efficacité des différentes mesures.