Face au retard des filières traditionnelles, Axa lance un parcours de formation en e-learning sur les grandes notions de la transition durable. De son côté, Société Générale a récemment organisé des masterclass et un serious game dédiés au numérique responsable.

Par Xavier Biseul

Alors que les grandes entreprises mettent toutes en place une stratégie de numérique responsable, le manque de compétences est patent. Et les cycles de formation initiale ne suivent pas encore ce soudain engouement pour la sobriété numérique.

Quelques rares écoles d’ingénieurs ont « verdi » leur cursus, à l’image de l’ESAIP d’Angers qui a ouvert la chaire « Green IT & IoT » ou de l’INSA qui propose le projet ClimatSup en partenariat avec le think tank The Shift Project. On peut également citer les initiatives de l’EIGSI, de l’ISEP, de l’ESILV ou de Télécom SudParis.

Du côté de la formation continue, GreenIT.fr dispense une formation « état de l’art » certifiante de trois jours, et l’université de La Rochelle un stage de deux jours. L’Institut du numérique responsable (INR) a, lui, mis gratuitement en ligne un Mooc de sensibilisation de trente minutes et un autre beaucoup plus complet de quatre heures et demie. Sur son site, l’INR donne, par ailleurs, une liste de formateurs spécialisés.

Quelques instituts de formation ont également mis une formation numérique responsable à leur catalogue. C’est le cas d’Orsys, d’Octo Academy ou encore de M2i Formation.

La Bancassurance entre dans la danse

Pour renforcer l’offre, le salut pourrait aussi venir du privé, et notamment des acteurs de la bancassurance, concernés en premier chef par l’objectif de réduction des émissions de CO2. Société Générale a ainsi développé un « serious game », en collaboration avec CodinGame.

Baptisé Green Circle, ce jeu, qui s’est tenu la deuxième quinzaine de juin, invitait les développeurs à ajuster leurs pratiques de la programmation afin de réduire l’impact environnemental de leur code. Les gagnants ont reçu des « lots écoresponsables », en l’occurrence des smartphones reconditionnés.

Société Générale, qui se fixe un objectif de réduction de 50 % de son empreinte carbone numérique à horizon 2025, avait déjà organisé l’an dernier quatre masterclass avec des experts de la green IT qui évoquent notamment l’éco-conception ou les impacts sur l’architecture du SI. On peut les retrouver en vidéo sur le site carrières du groupe ou sur YouTube.

Autre établissement bancaire, le Crédit Agricole a tenu, début juin, un « écoCode Challenge ». Un hackathon qui a réuni une soixantaine de développeurs dans les locaux de l’école Simplon.co à Montreuil.

De son côté, Axa, via son entité Axa Climate, vient de lancer avec l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) un parcours de formation en e-learning dédié à la transition bas carbone. D’une durée de deux heures, il donne « les prérequis nécessaires avant de s’engager dans le chemin de la décarbonation ».

Plus d’une quinzaine de vidéos rappellent les causes et conséquences du changement climatique et dressent un panorama des référentiels, des méthodes de mesure et autres bonnes pratiques à disposition. Elles sont complétées par des quizz qui permettent à l’apprenant d’évaluer la bonne assimilation de ces concepts. Sur la partie « Agir », le programme comprend en particulier un module intitulé « Je travaille au service informatique ». Articulé en six chapitres de cinq minutes chacun, il évoque notamment l’impact des serveurs, des données et des équipements des utilisateurs.

 

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