Quelques heures avant le début de la conférence Build, Microsoft livre une flopée d’annonces préalables autour du cloud computing, du edge computing et de l’IoT…

La conférence Build est depuis de nombreuses années le grand rendez-vous annuel de Microsoft dédié aux développeurs. Contrairement aux conférences Ignite (dédiée aux professionnels de l’IT) et Inspire (dédiée aux partenaires Microsoft), la Build est une conférence au contenu très technique, « avec tout plein de lignes de codes à l’intérieur ». Traditionnellement, elle s’accompagne néanmoins de nombreuses annonces autour des langages de programmation, d’Azure et du futur de Windows. L’édition 2019, qui débute ce lundi soir à Seattle, ne devrait pas échapper à la règle.
Mais, histoire d’alléger le menu du Keynote d’ouverture de Satya Nadella, qui sera retransmis en Streaming, la firme de Redmond a dévoilé en amont toute une flopée d’annonces.

Une base de données pour le Edge

La première concerne directement ce que Microsoft désigne comme l’ « intelligent Edge » : Microsoft lance une déclinaison « Edge » d’Azure SQL Database, nommée Azure SQL Database Edge. « Azure SQL Database » est au départ une version cloud, élastique et multi-tenant, de « SQL Server ». Cette édition « Edge » en est une adaptation optimisée pour des besoins en ressource limités mais partage le même langage SQL, la même philosophie et un haut degré de compatibilité avec SQL Server et Azure SQL Database pour facilement porter des applications « on-prem » ou « cloud » vers le Edge sans avoir à changer d’outils ou acquérir de nouvelles compétences. On notera notamment que cette édition « Edge » embarque des fonctionnalités IA (machine learning et graph) et fournit des fonctions de synchronisation, data-streaming et data time-series. Elle se montre optimisée pour ARM, même si elle est aussi déclinée pour les processeurs Intel et AMD.
Microsoft a également annoncé un nouveau langage de modélisation « IOT Plug and Play » pour simplifier le déploiement à grande échelle d’applications IoT en supprimant la complexité liée au fait d’avoir à réécrire les logiciels spécifiquement pour chaque objet connecté supporté.

L’offre Blockchain as a Service s’étoffe

L’an dernier à la Build, Microsoft avait annoncé Azure Blockchain Workbench, un outil destiné à accélérer le déploiement d’applications Blockchain au-dessus de l’infrastructure « Blockchain as a service » d’Azure. Cette année, l’éditeur lance « Azure Blockchain Service » un nouveau service qui facilite « l’apprentissage, la gestion et la gouvernance de réseaux Blockchain de consortium ». Plus concrètement le service offre des Blockchains de consortium « clés en mains » intégrant des fonctions de gestion et de gouvernance pré-programmées qui permettent par exemple d’ajouter de nouveaux membres au consortium, de définir des permissions, et d’authentifier les utilisateurs de la Blockchain. Quorum, la plateforme Ethereum de JP Morgan pensée pour l’industrie, est la première de ces « Blockchains clés en main » officiellement supportée par Azure Blockchain service.

Toujours plus d’IA dans le cloud

Les autres préannonces de cette Build 2019 se focalisent sur l’intelligence artificielle et son potentiel pour les entreprises.
Microsoft introduit une nouvelle interface interactive et visuelle au-dessus d’AzureMLpour créer des modèles sans aucune ligne de programmation (Zero Code) par simple drag-and-drop. Mais, Build oblige, Microsoft a également pensé aux développeurs ML en introduisant de nouveaux « Machine Learning Notebooks ». Par ailleurs, l’ensemble de services « DevOps » d’Azure s’enrichit d’un nouveau « MLOps » pour offrir aux développeurs reproductibilité, vérifiabilité et automatisation dans la gestion du cycle de vie de leurs projets Machine Learning.
Mais l’essentiel des annonces se concentrent autour des Azure Cognitive Services, ces API qui permettent aux applications d’entreprise, aux IoT, aux robots et autres tâches RPA de voir, d’entendre, de répondre, de traduire, de reconnaître et de raisonner. Désormais tous ces services cognitifs peuvent être conteneurisés pour s’exécuter sur des IoT et du Edge computing.
Ils s’enrichissent de nouveaux services de recommandations regroupés au sein d’une nouvelle catégorie « Decision Services ». Ils viennent s’ajouter au détecteur d’anomalie « Content Moderator » récemment annoncé et à un nouveau service « Personalizer» qui utilise l’apprentissage par renforcement pour offrir à chaque utilisateur une expérience personnalisée.
Trois autres services viennent compléter les « Azure Cognitive Services » existant. « Ink Recognizer » permet d’intégrer simplement des fonctionnalités de reconnaissance d’encre numérique dans les applications connectées. « Form Recognizer » automatise la saisie de données en extrayant du texte ou des tableaux à partir de documents. Enfin, le service de reconnaissance vocale s’enrichit d’une nouvelle fonctionnalité de transcription de conversationqui transforme en texte, en temps réel, les conversations de réunion pour permettre à tous les participants (y compris malentendants) de participer pleinement à la discussion, de savoir qui a dit quoi et de suivre rapidement les étapes suivantes.