Oracle connait le succès avec Exadata, une machine dédiée aux datawarehouses. Le géant enfonce le clou et lance Exalogic, une appliance pour les applications Java. Une solution qualifiée d’« Appliance Cloud ».

C’est par une tentative de définition du cloud computing que Larry Ellison a choisi de commencer sa conférence d’ouverture de l’Oracle OpenWorld 2010. Et si l’emblématique fondateur d’Oracle a porté aux nues le modèle inventé par Amazon avec EC2, un service cloud basé sur la virtualisation, il a tiré à boulets rouges sur l’approche défendue par  Marc Benioff avec Salesforce.com. Pas d’isolation des données client, pas de tolérance aux pannes, pas d’élasticité face aux montées en charge… les critiques de Larry Ellison ne manquaient pas de piquant quand on sait que le service Salesforce.com s’appuie sur la plate-forme Oracle.

Raison à cette opposition de modèles : Oracle lance sa propre offre de cloud fondée sur la virtualisation, Exalogic Elactic Cloud. Le marketing est certainement passé par là, car Exalogic est plus précisément une nouvelle appliance dédiée à l’exécution d’applications Java sur des partitions Linux ou Solaris virtualisées. L’atout d’Exalogic, comme de son aîné Exadata qui était quand à lui spécifique aux applications analytiques, c’est l’optimisation hardware et software.

Oracle propose un rack pouvant contenir jusqu’à 30 serveurs (à base de processeurs Intel Xeon) interconnectés via un réseau interne Infiniband à 40 Mbit/s. 40 To de stockage disque sont disponibles pour les applications, auxquels il faut ajouter entre 256 Go et 960 Go de disques SSD (flash). Une mémoire qui participe pour beaucoup aux performances clamées par Oracle.

Les machines virtuelles Java JRockit et Hotspot ont été adaptées pour privilégier la mémoire flash plutôt que le disque dur, de même que le noyau Red Hat Linux a été optimisé par Oracle pour exploiter ces disques ultrarapides. Résultat : selon Larry Ellison lui-même, un rack peut absorber 1 million de requêtes HTTP par seconde. Deux suffiraient pour assumer tout le trafic web de Facebook…

Cette approche d’appliance pour le cloud rappelle beaucoup ce que HP et Microsoft ont présenté voici quelques mois pour Azure. HP s’apprête à proposer une gamme de serveurs Proliant, équipements réseau et service pour permettre aux entreprises d’héberger Microsoft Azure dans leurs murs. Toutefois, tout au long de sa présentation, Larry Ellison a confronté son Exalogic aux serveurs… IBM. C’est contre l’IBM Power 795 qu’Oracle compte bien rivaliser avec son Exalogic Elastic Cloud pour motoriser les applications transactionnelles (OLTP).

Parmi les autres annonces attendues lors de cet OpenWorld 2010, l’éditeur va dévoiler demain JavaFX Vector Graphic, une nouvelle évolution, a priori majeure, de la solution RIA créée par Sun. Mardi, Oracle devrait en dire un peu plus sur sa stratégie de cloud public. Joanne Olsen, récemment débauchée chez IBM, devrait elle aussi en parler mardi.

Enfin, Oracle commence à dévoiler le futur de son catalogue de progiciels, avec les Fusion Applications. Un projet de convergence entre les e-Business Applications d’Oracle, les solutions Peoplesoft et celles de JDEdwards entamé il y a cinq ans et dont la première version devrait aboutir entre la fin de cette année et le début 2011.